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Primaires citoyennesIndépendamment de toute couleur politique, force est de constater que les primaires socialistes ont remporté un franc succès médiatique. Si l’on en croit la mesure de Kantar Media, le premier tour aurait déjà fait 10 fois plus de bruit que la disparition de Steve Jobs…  Quant au second, il a généré selon Google Actualités plus de 12000 articles / sujets sur la semaine écoulée, soit davantage que le mondial de rugby sur la même période.
Le procédé de désignation du candidat socialiste par le recours au débat public aurait pu passer pour l’aveu de faiblesse d’un parti privé de leader naturel. Alors que certains n’y voyaient que la piteuse nécessité d’exhiber hésitations et déchirements sur la place publique, le scrutin s’est avéré une belle opportunité de story-telling pour ses protagonistes : débats télévisés, oppositions de styles, ralliements, faux bonds et suspense, aucun ingrédient n’a manqué pour transformer ces primaires en une exceptionnelle tribune de visibilité pour le parti – et le vainqueur de l’exercice.
L’intuition d’ouvrir le scrutin à tous les électeurs, au-delà du petit cercle des adhérents, a rencontré un fort écho à l’heure des réseaux sociaux qui familiarisent les Français avec la « like » attitude. Certes, les électeurs n’ont été que 3 millions. Mais au-delà du trafic, le buzz est le critère majeur de toute opération de communication. Et la curiosité pour François Hollande a ainsi dépassé, à la faveur des primaires, celle éprouvée pour les sélectionneurs du ballon – rond ou ovale ; -) De ce point de vue, la mise en scène de l’investiture socialiste constitue certainement un cas d’école.

François Ramaget

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amec-logo-largeEarlier this month I spoke at the annual conference of Association for  Measurement and Evaluation of Communication (AMEC) in my role as President of the International Communications Consultancy Organisation (ICCO) on what agencies wanted from the evaluation industry.

My argument centred on the need for practical processes and methodologies that both agencies and clients could agree on and accept as simple benchmarks.  Ideally I think some form of standard methodology that we can all buy into needs to be created.   I am convinced that this would mean that the 30-40% of PR campaigns that are not evaluated at all might be measured providing valuable revenue for AMEC members.

One very well thought out and available evaluation approach is AMEC’s validated metrics that can be downloaded here.  It provides a comprehensive framework for the development of PR evaluation programmes.   The UK’s Public Relations Consultants Association announced at the conference that it is introducing an Evaluation module for its Consultancy Management Standard that is based on the Validated Metrics.

AVEs

One of  the questions I was asked at the conference is why agencies continue to provide advertising value equivalent (AVE) scores to clients, when they were ‘officially’ discredited in the Barcelona Principles at AMEC’s previous conference.

My response was simple.

Consultancies are businesses and if their customers want a particular form of evaluation that the finance director can understand then they will provide them.  I accept that AVEs do not provide the insight that formal evaluation gives and the associated planning benefits, but commercial reality will win out.  Arun from the Holmes Report picked this up and filmed a short interview.

Priorities

Attendees at the conference all voted on what the evaluation priorities for the coming year should be:

1.       How to measure the return on investment (ROI) of public relations (89%)

2.       Create and adopt global standards for social media measurement (83%)

3.       Measurement of PR campaigns and programmes needs to become an intrinsic part of the PR toolkit (73%)

4.       Institute a client education program such that clients insist on measurement of outputs, outcomes and business results from PR programs (61%)

In summary, the Barcelona principles were a great starting point and the priorities identified in Lisbon have moved the debate on but there is still work to be done before evaluation is part and parcel of every PR campaign.

Richard Houghton

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Les media sociaux prennent une place de plus en plus importante dans les stratégies de communication des organisations, et ils ont commencé à grignoter une part significative des budgets de certaines d’entre elles. A partir de ce moment, et dans une logique de bonne gestion des ressources, il devient normal d’interroger leur efficacité et la pertinence de leur activation. C’est du moins ainsi que l’on apprend à travailler dans les Business Schools, ESC, Management Schools de France et d’ailleurs depuis longtemps.

Nouvelle imageMais le contrôleur de gestion – éternel ennemi du communicant – se retrouve ici face à une levée de boucliers de la part des acteurs des media sociaux : ces outils sont la partie émergée d’un iceberg qui est en train de changer le monde, inutile de chercher à le mesurer avec de vieux compas ! Je vous renvoie à ce sujet aux vidéos mondialement connues sur la « Social Media Revolution » où l’on se demande si les media sociaux ne sont pas le changement le plus important depuis la Révolution Industrielle ? Alors, vu sous cet angle, à nouveau monde, nouveaux outils de mesure.

Peut-on mesurer l’impact d’une action sur les media sociaux ? Doit-on chercher à évaluer de nouveaux outils avec d’anciens indicateurs ? Faut-il calculer la valeur de tout ? Comment concilier la nature des outils et les changements de mentalité qu’ils impliquent, avec une nécessaire optimisation des ressources de l’organisation ?

On connaît la chanson…

Je  vais utiliser un parallèle auquel je crois fortement. Les professionnels des relations publiques (en agences comme en entreprise) sont confrontées à ces inquisitions ROIstes des contrôleurs de gestions et autres DAF depuis que le métier existe. Nous leur posons un problème majeur : comment quantifier et calculer le prix d’une bonne réputation ? Celui d’un article favorable ? Ou d’un appui dans telle ou telle institution ?

Mes lectures sur le calcul du ROI des media sociaux m’ont peu ou prou toujours ramené à cette question. Ce qui est une bonne chose pour les deux métiers : Relations Publique et media sociaux, ou plutôt pour LE métier, car il s’agit pour moi d’une nouvelle preuve que les « media sociaux » ne sont pas un nouveau métier mais une mutation des RP : nous sommes tous artisans de la réputation.

D’un côté, les jeunes professionnels des media sociaux peuvent se nourrir des années d’expérience des RP à tenter de justifier leur utilité pour les entreprise, et trouver ce qui leur manque à travers des études de cas à long terme : le recul (quel est le prix à payer d’une mauvaise réputation ?). De l’autre, les pros des RP peuvent profiter du pouvoir et de la considération dont jouissent les media sociaux aujourd’hui pour mettre le débat sur la table et donner du poids à leurs arguments.

2 + 2 = 4, mais tous les 4 ne se valent pas

Qu’est ce qui rend les relations publiques et les media sociaux difficiles pour un esprit formaté par excel ? A l’inverse d’autres techniques de communication comme la publicité, le marketing direct, l’achat de mots clés… nous ne sommes très efficace qu’à long terme parce que nous agissons sur la réputation, le comportement, les opinions etc… en utilisant le débat, la discussion et la persuasion.

arton667Pour filer une métaphore politique : prendre le pouvoir par les urnes nécessite un investissement de tous les jours, et de nombreux débats pour convaincre les électeurs du bien fondé de ses idées ; un coup d’état demande une mobilisation rapide et très ciblée de la force, avec le moins de discussions possibles. On peut facilement calculer l’efficacité d’un coup d’état sur un mois, alors qu’une campagne électorale peut être réussie même si elle ne débouche pas sur l’élection tout de suite. Ceci dit, à long terme, un pouvoir légitimé par les urnes devrait avoir moins de coûts pour se maintenir que son homologue putchiste qui fera face à une résistance plus forte, et restera fragile à long terme.

L’intérêt d’un travail des gestion de réputation à long terme a souvent été démontré, notamment sur ce blog. Mais faut-il pour autant abandonner toute idée d’évaluation ?

Évaluer n’est pas calculer

Confrontés à la problématique de la mesure, les agences de relations publiques, comme les professionnels des media sociaux aujourd’hui, ont proposé des indicateurs farfelus. Je trouve le calcul de l’équivalent publicitaire pour une retombée presse a peu près aussi ridicule que celui de la valeur d’un fan Facebook, car ils partent tous les deux du principe qu’un fan ou un article en valent un autre.

La vidéo « Social Media Revolution » est plus directe : « le ROI des media sociaux, c’est que votre entreprise existera dans 5 ans ». On est dans la mesure par défaut, le Risk Of Non Investment qui est un bottage en touche sympathique, je ne sais pas ce que vous gagnez à faire ce que je vous dit, mais si vous ne le faites pas… attention !

Je ne pense pas que la solution soit dans le rejet total de la mesure, induite par des titres accrocheurs comme « Quel est le ROI de ta mère« , ou « Calculer le ROI des médias sociaux est une perte de temps« . D’ailleurs, le contenu des billets portant ces titres est toujours plus nuancé, admettant que l’évaluation du travail est intéressante, mais que les modèles actuels ne permettent pas de bien le faire.

Il est nécessaire d’arbitrer sur l’attribution des ressources dans tous types d’organisations, et la gestion de la réputation – qu’elle passe par les media sociaux ou les relations publiques – ne peut pas échapper à la règle. Il nous incombe de trouver le moyen de démontrer la valeur de notre travail, mais avec les contraintes qui sont les nôtres, notamment notre échéance de long terme dans un environnement obsédé par le résultat du mois…

A ce titre, une infographie parue ce matin sur Ragan’s PR Daily Europe montre qu’un fan Facebook de Mc Donalds y dépense en moyenne deux fois plus qu’un non-fan. Ce chiffre brut ne vaut rien si on n’analyse pas le travail de Mc Donalds mais il semble être un exemple sain d’objectif que nous pourrions nous fixer, et qui pourrait recevoir l’accord de nos amis DAF. Dans la même veine, Fred Cavazza a publié dans son billet cité plus haut cette pyramide des objectifs mise en ligne par Jeremiah Owyang

L’impossibilité de calculer un ROI absolu pour les opérations entreprises sur les media sociaux, comme il l’est depuis toujours pour les relations publiques, ne doit pas masquer la nécessiter d’évaluer l’intérêt de notre travail. Cette zone de flou est génératrice de débats enrichissants, où le métier a beaucoup à gagner. D’abord en crédibilité, mais aussi en montrant que cette révolution des relations entre organisations et publics existe, et qu’elle doit appeler des modifications profondes à tous les niveaux.

Fabien Pecot

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J’en avais parlé ici même et j’y reviens avec grand plaisir : « Google Insight for Searches » est certainement un des outils web les plus excitants de la période. Au-delà des recherches commerciales que l’on peut mener (Voir l’exemple ci-joint : Quelles ont été les marques de champagne les plus recherchées sur le web au cours du dernier trimestre ?), Google nous révèle crûment les préoccupations internet de nos concitoyens …
Ainsi, savez vous quels sont les thèmes qui ont généré le plus de curiosité en France sur les 7 derniers jours … ? Et bien, ce sont : Assedic actualisation, cartes de voeux, twilight et météo …

A en croire cette cartographie de la curiosité, l’internaute moyen serait donc sans emploi – inquiet de percevoir ses indemnités -, courtois – sacrifiant aux rites de l’an neuf -, amateur de cinema fleur bleue- pour se distraire du stress kafkaien du pointage ? – et precautionneux – moonboots ou escarpins / mocassins avant d’aller courir les soldes ? -.
Alors qu’on prenait le web pour le pré carré des entrepreneurs speedés et des cadres avides de cours boursiers, on découvre une France musardeuse, qui vaque gentiment à ses petites affaires sur le net, bien loin des remous de Gaza et des attentats pyromanes de la St Sylvestre. Sans doute nos internautes ressentent-ils le besoin d’oublier la si fameuse crise, surtout pour ceux qui sont privés d’emploi …
Ces mots-clés révélateurs de nos préoccupations, je vous propose de les examiner régulièrement : Plus efficace que le Top 50 pipé du JDD (« Citez moi vos 50 favoris parmi une liste de 57 pesronnalités … »), Insight for searches nous livre un genre de baromètre absolu du moral des Français et ca mérite qu’on y revienne.
Bonne année sur le web – et ailleurs tant qu’a faire ;-)
François Ramaget
Google met à la disposition des curieux un petit outil fort instructif , le Google insights for search. A priori destiné aux marketeurs, il permet de reconstituer le volume de recherches demandées sur un mot-clé, pour une période et une région du monde. On pourra mesurer ainsi l’attrait qu’exerce la console wii ou / PSP ou / et XBox sur les consommateurs américains ou bien chinois, et même en déduire des prévisions commerciales …
On peut aussi s’en servir pour sonder la conscience de nos concitoyens, en testant leur degré d’intérêt pour les grands sujets du moment … Toutes les recherches rétroactives, les plus futiles ou les plus vertigineuses, sont possibles : A titre d’exemple, Dieu inspire-t-il davantage de recherches que son grand concurrent, le Diable ? Google a la réponse …

Juste pour voir, j’ai ainsi mesuré l’intérêt que portaient, en décembre, l’ensemble des internautes aux grands « marronniers » de la saison (noël, soldes et foie gras) – Et à un thème d’actualité de la semaine (Julien Dray, qu’il m’en excuse). Le résultat ? Le Père noël est le plus populaire de tous jusqu’à la mi-décembre, mais le foie gras le talonne puis le dépasse alors qu’on s’approche du réveillon… Julien Dray, lui (le mot clé), fait une percée modeste le 19 décembre, mais retombe vite dans une indifférence relative face aux tentations ordinaires de l’avent …
Avec Insight for search, il deviendrait ainsi possible de d’utiliser le web comme un miroir de l’âme collective… Au-delà de nos usages professionnels, les psychanalistes, sociologues et politiciens n’auraient-ils pas tout intérêt à jeter un oeil sur cet outil, révélateur des vrais curiosités de l’époque ? Le débat est ouvert.
François Ramaget

L’humain est ainsi fait qu’il a une sainte horreur de payer pour rien : on ne peut pas lui en vouloir, car l’escroquerie fait mal, et au portefeuille et à l’ego. D’où la réputation douteuse de certaines professions – ainsi que le mesure Gallup chaque année – telles que les vendeurs de voiture d’occasion auxquels 5% seulement du public accorde sa confiance…

Mais, au-delà de cette malheureuse profession, abonnée aux profondeurs du classement Gallup depuis plus de 30 ans, on trouve aussi les lobbyistes (5%), les publicitaires (6%), les députés (9%), les avocats (15%) et les élus (20%), tous catalogués dans un même registre d’extrême suspicion. La raison pourrait en être simple : tous ces professionnels vivent sur la promesse d’un service stratégique de haut niveau, mais ils le tarifient inconditionnellement et indépendamment du résultat final… D’où certaines déceptions et frustrations, et ce fréquent sentiment de « ne pas en avoir pour son argent », engendrant un spectaculaire taux de méfiance.

Et les relations publiques, où sont-elles donc dans ce paysage ? On notera d’abord la ruse d’une profession qui a réussi à ne pas figurer dans les catégories proposées aux sondés ;-) Mais son indice de confiance devrait se situer quelque part au niveau des lobbyistes et des publicitaires, dans cette grande famille des communicants dont on a tout lieu de se méfier … Pour les relations publiques qui visent à protéger la réputation de leurs clients, plus encore que pour tout autre discipline, n’est-il pas dommage que la sienne soit des plus médiocres ? Et le métier ne pourrait-il songer à y remédier ?

Regardons le haut de l’échelle de confiance : On y dénombre les nurses (qui gardent les enfants), les professeurs (qui préparent aux diplômes), les pharmaciens (qui délivrent les prescriptions). Des prestataires de service qui « délivrent » un service facilement vérifiable. Les relations publiques ne fournissent-elles pas un service qui puisse lui aussi être systématiquement mesuré – au-delà du coefficient de sympathie que l’on peut éprouver envers son agence, ou du bête poids de sa revue de presse – ?

Le débat a fait rage pendant des années dans les allées et commissions du syndicat professionnel Syntec RP … D’un côté, les modernes, souvent poussées par leurs clients anglo-saxons, favorables à un système brutal de commissions perçues sur les articles de presse. De l’autre, les classiques, revendiquant l’exercice d’un des derniers beaux arts. Et l’opposition a longtemps tourné à l’avantage de ces derniers. La profession ne pouvait rendre de compte, pour 1001 bonnes raisons : Le code d’Athènes, la complexité des missions, ou bien même l’incapacité des clients à évaluer un exercice alchimique, mêlant les approches du marketing, de la littérature et de l’intelligence service… Le temps a passé et la pression des entreprises s’est exercée fortement pour qu’il en aille autrement. Et c’est donc tout récemment que le syndicat a lancé son Indicateur permettant de juger en un clin d’œil de l’efficacité d’une campagne de RP.

Pour faire simple, cet indicateur, le « shared opinion index » (SOI), permet d’évaluer simplement la modification de l’opinion sur une question précise, moyennant l’intervention d’un institut de sondage. Si nous saluons cette avancée, nous regretterons cependant que l’outil coûte – et c’est normal – près de 10% du coût de la campagne (entre 5 et 12%, selon Syntec). Quand on sait que le budget annuel moyen d’une campagne de relations publiques est de l’ordre de 70,000 € (source Syntec RP 2005) ; on voit qu’il s’agit là une dépense relative non négligeable – Et d’un seuil psychologique difficile à franchir pour fournir une « brique » de synthèse à sa direction générale…

Ne revient-on pas là à la case départ du raisonnement ? Le SOI ne fait-il pas, à son tour, partie de ces services stratégiques de haut niveau, tarifé inconditionnellement, et pouvant engendrer ce fameux sentiment de « ne pas en avoir pour son argent » ?

Si nous lui souhaitons longue vie, nous proposons que la réflexion collégiale se prolonge sur des indicateurs qui allieraient coûts modérés et pertinence universelle. L’époque va dans le sens de la mesure et les RP ne peuvent y échapper.

Un doux rêve, dites-vous ? Peut-être, mais une ambition légitime pour une profession qui voudrait cesser de côtoyer vendeurs de voiture, cartomanciens et faiseurs de pluie dans les tréfonds de l’échelle de la confiance.

François Ramaget