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Steve Jobs by Karl Lagerfeld

LeWeb’ 11, le rendez-vous des industries connectées, même s’il est moqué gentiment par Libé, est une incontestable réussite : plus de 3000 participants ont accepté de braver les intempéries – et la circulation dantesque de la banlieue nord – pour entendre les gourous du net prédire le futur de la civilisation numérique. Smartphone avec reconnaissance faciale de Google, voiture connectée de Renault, nouveau réseau social semi-privé du créateur de Facebook Connect, etc. les démos et les annonces décrivent un monde en cours de digitalisation accélérée, où les applications embarquées sur tablettes et écrans facilitent nos échanges sociaux et nous dispensent des gestes fastidieux d’avant l’invention du html. Mais, alors que le prix d’entrée de l’événement le réserve à l’élite des professionnels, le plus surprenant n’est-il pas que l’ensemble des présentations de LeWeb’ soient retransmises en direct sur internet ? Non pas que l’information délivrée n’ait pas suffisamment d’intérêt pour être réservée à ses seuls visiteurs. Mais sans doute parce que les contacts face à face, au long des allées et des buffets du salon, constituent la vraie valeur ajoutée de l’événement. Sur LeWeb ‘ comme ailleurs, il semblerait bien que le meilleur « Social network » demeure la file d’attente d’un Nespresso bar ;-)

François

 

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Hier, le journal du net a repris une étude IPSOS et extrait des informations sur le profil type du « twitto » moyen en France. Ma conclusion : si tu veux être jeune, urbain,  CSP+, avoir un iPhone et claquer plein de fric en soirées… ouvre un compte Twitter !

Première impression, rien n’a changé… L’utilisateur de twitter est toujours un homme, CSP+, résidant plutôt en Ile-de-France, on se fait même la réflexion suivante au bureau : « je suis sur que c’était pareil pour le téléphone portable, la télévision, et toutes les nouvelles technologies d’après-guerre ».

En creusant un peu, une chose a changé depuis mes premières recherches sur l’utilisation de Twitter, à l’époque, je m’étais basé sur les données de Google Adplanner, qui donnait les 25-44 ans comme les plus gros visiteurs du site. Cette fois-ci, on apprend que la moyenne est 15-34 et que 50% d’entre eux ont moins de 25 ans.

Sinon, trois détails ont attiré mon attention :

Deux évidences d’abord. Les accros à Twitter sont des internautes historiques : 59,9 % surfent depuis plus de 8 ans, on ne découvre pas le web2.0 avec Twitter. 81,2% des utilisateurs de Twitter se connectent à Internet via leur téléphone mobile (souvent un smartphone), on pouvait s’en douter, mais c’est capital de le rappeler : Twitter est un réseau social de la mobilité.

Mais le meilleur est rappelé dans cette phrase : « ce ne sont pas pour autant des individus dénués de vie sociale : 57,7 % d’entre eux disent qu’aller au restaurant et sortir fait partie d’un des trois postes les plus importants de leur budget ». On a enfin un chiffre pour tordre le cou à ce que l’on a tous entendu au moins une fois lorsqu’on fait son « twitting-out » dans un groupe d’amis non-initiés : « Moi je ne suis pas sur tous ces trucs, je préfère faire des choses dans la vraie vie »… FAUX !

Statistiquement, être un twitto est quand même super cool, l’étude ne dit pas s’ils ont de bonnes notes aux exams, font un meilleur café ou n’attrapent jamais de coup de soleil… mais à ce stade, si t’as pas un compte Twitter à 25 ans, d’aucuns diraient que tu n’auras pas de Rolex à 50 …

Loser

Fabien Pecot

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source: blog Samuel Mallet (http://samuelmallet.wordpress.com)

source: blog Samuel Mallet (http://samuelmallet.wordpress.com)

« Twitter, prochain prix Pulitzer », pour sa soirée de lancement à la Bo[a]te, le Social Media Club Marseille avait décidé d’aborder hier soir les malheurs de la presse, vus sous l’angle du succès des media sociaux. Le panel et la (très nombreuse) assistance ont abordé la nécessaire révolution des rédactions, le poids du papier, le besoin de revenir aux fondamentaux du métier journalistique (mais lesquels)…

Lionel Fleury, directeur de l’Ecole de Journalisme et Communication de Marseille a ouvert le débat en rappelant que la question ne datait pas de Twitter mais de 1973, lorsque Europe 1 avait décidé d’introduire son « téléphone rouge » afin de permettre aux auditeurs d’alerter la radio. Le public pouvait devenir acteur de l’info, ce qui supposait déjà une remise en question du monopole de l’apport d’information du journaliste.

« Certains progrès techniques viennent briser les rentes »

C’est Rubin Sfadj (avocat, blogueur, professeur à l’IAE d’Aix et @rubin sur Twitter) qui a prononcé cette phrase pour résumer une longue intervention de Pierre Boucaud (Directeur de la publication de Marsactu, @pboucaud) qui expliquait comment les nouveaux outils lui avaient permis de venir concurrencer la Provence et la Marseillaise sur le terrain de l’information locale. Mais aussi à Edwy Plenel de venir chahuter le Monde. Les nouvelles technologies ont fait baisser le ticket d’entrée « on peut presque faire du direct avec un téléphone ! », et quand on lui dit que Twitter met en danger les agences de presse, il répond du tac au tac « de toutes manières, à marsactu, on n’avait pas les moyens de se payer l’AFP ».

Quel est le cœur du métier de journaliste ?

Pour Philippe Pujol (journaliste à la Marseillaise, @philippepujol), il y aura toujours des gens qui auront besoin de faire un travail journalistique, il explique un brin fièrement « aujourd’hui à Marseille, qui a le numéro du Procureur, du Commissaire de Police et de 2 ou 3 truands ? Moi », pour lui, ce qui peut faire la différence, c’est le carnet d’adresse et la relation que le journaliste entretien avec ses sources. C’est sa seule garantie d’avoir l’info avant Twitter… « jusqu’à ce que ton carnet d’adresses commencent à twitter » modère Pierre Boucaud.

Pour Rubin Sfadj, « les gens de media doivent réinventer leur pertinence », prenant l’exemple du Monde, il explique que si les pages opinions sont vraiment différentes et intéressantes, les actus sont souvent périmées lorsqu’elles sont imprimées. Quelle est la pertinence d’une info périmée ? Comment redonner de la valeur à une information lorsque je sais qu’elle n’en sera plus une lorsqu’elle sera publiée ? Les quotidiens pourraient ici s’inspirer des magazines… Car comme le faisaient remarquer tour à tour Philippe Pujol et Nouredine Zidane (journaliste de France Inter ayant participé à l’expérience Huis Clos sur le Net) : si le tweet se prête bien au faits divers, il ne permet pas de révéler une analyse de fond (autrement qu’avec un lien vers un article).

On se rappelle aussi qu’à Berlin, les « Ownis » nous avaient donné leur vision du rôle des journalistes : un hacker capable de proposer une information visuellement facile à intégrer, travaillant dans un media devenu lieu de collecte des données brutes, mais aussi de vérification, d’analyse, de mise en forme, puis support de leur diffusion vers tous les utilisateurs.

Alors on fait quoi ?

Une idée : un quotidien ne cherche plus à être le premier mais à rendre compréhensible la masse de twitinfos diffusés la veille, grâce à des analyses ou des éclairages obtenus par un carnet d’adresses bien fourni.

Mais au-delà, les groupes media doivent arriver à gérer différents appareils industriels : un flux continu sur le web, mais aussi des articles de fond qui viendraient plus tard, peut-être sur papier. Et que dire de l’Etat qui investit sur le passé en aidant Nice Matin à investir 18 millions d’euros pour acheter des rotatives et soumet Mediapart, Marsactu et les autres à  une TVA de 19,6% ?

Comme souvent, l’arrivée d’une révolution technique pousse les acteurs du secteur à se réorganiser, on a pu constater hier, à la Bo[a]te qu’à défaut d’avoir trouvé LA solution, le secteur bouge et teste des choses, dont certaines semblent prometteuses.

Fabien Pecot

NB: Une première réussie pour l’antenne marseillaise du Social Media Club France, avec plus de 50 personnes présentes et surtout de la qualité dans les débats. Vous pourrez retrouver tous les tweets d’hier avec le hashtag #SMCmars. Prochaine conférence le 3 octobre, bonne chance pour la suite.

Très bon billet de Samuel Mallet sur le « Journal Twitter » (à qui j’ai emprunté l’illustration)

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Barre toi Minou !

Barre toi Minou !

EDIT 18/05 à 18h : La réponse à cette question semble être non. Notre question et la manière de la poser (trop légèrement face à la gravité du cas) n’a pas plu à celles que nous citions, preuve que nous nous sommes trompés. Dans leur majorité, elles nous demandent de ne pas les ranger dans la case « digital mum » (ce que nous n’avions pas fait), et nous reproche un ton condescendant et pas drôle… C’est donc un échec sur toute la ligne, mais nous avons au moins avancé dans l’enquête :-) Nous ne prétendons pas que les mamans n’ont pas d’humour, ni qu’elles ont été les seules à s’indigner (et heureusement), notre intention était seulement de chercher des passerelles entre ce que nous avions lu de ces Digital Mum, notre expérience et le bad buzz de Veet.

Sombre fait divers : un groupe de mères de famille aurait éliminé une bande de chatons dévoyés, accusés de pervertir leur progéniture. L’enquête est en cours !

Tout le monde a entendu parler du lancement, du scandale et finalement de la mort du minou pourtant si doux de Veet. On a lu çà et là de nombreuses analyses sur cette campagne « immonde » qui ambitionnait de  « claramorganer » les petites filles, on a disserté aussi sur la fausse innocence de la marque qui aurait su exactement ce qu’elle faisait… …lire la suite

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On dit souvent que les media-sociaux vont permettre une vraie démocratie participative. Jeudi matin, deux activistes/lobbyistes intervenaient à Re:publica pour expliquer leur travail à Bruxelles et Strasbourg contre les projets de blocages d’internet, et comment les nouvelles technologies permettaient à tout citoyen de défendre sa cause auprès des eurodéputés.

Processus législatif européen (slide 2/3)

Processus législatif européen (slide 2/3)

Je ne ferai pas une grande confidence en disant que je ne comprends pas bien comment fonctionnent les institutions européennes, j’irais même jusqu’à penser qu’elles ont été conçues pour que la plupart des citoyens n’y comprennent rien … Aussi, lorsque Jeremie Zimmermann (La quadrature du Net) et Christian Bahls (Mogis) nous ont présenté le processus législatif à Bruxelles (en 3 slides parce que le schéma ne peut pas être lisible sur une ni même 2), je me suis senti moins seul.

Ils nous ont expliqué comment travaillaient les lobbyistes, qu’ils soient au service de grandes entreprises, ou comme eux, financés par des dons privés pour défendre une voix « citoyenne». Et c’est là que les media sociaux entrent en jeu. …lire la suite

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Internet bouleverse le monde mais nous ne prenons pas toujours le temps du recul par rapport aux changements brutaux qu’il implique, le temps de les mettre en parallèle, les nuancer, de regarder comment ces changements s’opèrent ici ou ailleurs.

Qui aurait pu penser que le web poserait autant de questions ? Mais ils sont nombreux aussi a avoir pensé que la révolution internet irait beaucoup plus loin et beaucoup plus vite. Tous les régimes dictatoriaux ne sont pas encore tombés à coups de tweets, mais comme les mondes des media et de la création, la politique n’en finit pas de se poser des questions sur son futur.

La première conférence d’hier portait sur l’influence du contexte socio-économique, et de la culture locale, dans l’utilisation d’internet et l’importance qu’on lui accorde a travers le monde. La conférence a présenté l’exemple de 4 pays, 4 histoires différentes où internet a été source de développement économique ou source d’affrontement politique. …lire la suite

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IMG_0499Cocorico hier au salon re:publica à Berlin : Nicolas Kayser-Bril, d’Owni.fr, venait expliquer comment le data-journalisme apporte une réponse à deux problèmes fondamentaux du traitement de l’information aujourd’hui : le sens et la monétisation.

Il aborde la première question avec le concept de « l’infobésité ». Ça n’aura échappé à personne, trop d’informations à gérer pose la question de leur donner du sens (voir à ce sujet l’interview d’I.Ramonet sur l’explosion du journalisme, France2)
Comme le souligne Nicolas, un fil Twitter ne raconte pas grand-chose : Il prend ainsi l’exemple de #tunisie, voir défiler la masse des tweets n’apporte pas de vision globale. Et chez Wikileaks, l’information – brute – n’est qu’une base de données géante. Il faut donc l’intervention du journaliste pour « digérer » l’info brute afin de la rendre assimilable pour le grand public. …lire la suite

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IMG_0497Gabriella Coleman, de la New-York University (Institut Steinhardt) a ouvert les hostilités hier matin, à la conférence Re:publica 2011, avec une présentation sur les « Anonymous » ou « anonymes », ces groupes qui lancent des cybers attaques pour défendre ce qu’ils considèrent comme une « bonne » cause. L’Eglise de Scientologie, des entreprises irresponsables, et des gouvernements qui n’écoutent pas leur peuple ont déjà pu expérimenter leurs actions.

Gabriella a ainsi raconté comment les Anonymes avaient hacké les sites gouvernementaux tunisiens, mais aussi donné une série de packs aux internautes tunisiens pour pouvoir conserver leur anonymat en ligne.

Elle a surtout soulevé un paradoxe intéressant à leur propos : Ces groupes-là ont n’aiment pas les leaders, aucun membre de ces communauté n’est censé se mettre en avant (interdit donc de jouer les caïds du web pour un reportage de 7 à 8, même flouté !). Un comportement plutôt inédit dans une époque où internet est immensément narcissique.

Nous en avions parlé dans un billet intitulé « Anonymat et narcissisme », en évoquant comment l’internaute cherche à concilier sur le web son désir d’anonymat et cette pulsion narcissique à l’origine du succès des réseaux sociaux.

Ces Anonymes sont l’exemple-même de cette apparente contradiction : ils sont plus Zorro que Robin des bois, ils ne vivent pas toujours masqués, terrés dans un lieu secret. Gabriella rappelle qu’ils sont en général « programmateurs, responsable de la sécurité des réseaux, ou en tous cas ont une activité qui leur permet de passer une grande partie de la journée sur le web, et d’avoir une grande connaissance technique ». C’est derrière cette façade passe-partout qu’ils agissent, en ayant tout intérêt à avoir une présence en ligne tout à fait banale pour ne pas attirer l’attention, mais qui puisse satisfaire leur pulsion narcissique « vitale ».

Fabien Pecot

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IMG_0494En direct de la conférence Re:publica à Berlin, envoyé spécial Aspect. Cette grand-messe allemande est captivante car pour une fois, il s’agit d’envisager le monde des media sociaux du point de vue des utilisateurs, du comportement, des usages, et pas des outils eux-mêmes. Berlin est d’ailleurs l’endroit idéal pour cet évènement et d’ailleurs, pour ce premier jour, on a beaucoup parlé d’activisme.

Les media-sociaux sont des outils formidables pour la défense d’une cause, Greenpeace l’a montré à plusieurs reprises, Wikileaks et les évènements au Moyen-Orient en donnent d’autres illustrations. Ces exemples sont souvent revenus hier, que ce soit pour parler de data-journalisme, d’anonymat ou encore de modération. L’entreprise était absente du discours, ou citée en tant qu’institution dont on attend une conduite responsable. Re:publica nous ramène à l’essentiel du web social : l’individu, ses pulsions, ses engagements, ses paradoxes. Et c’est l’intérêt de cette conférence essentielle pour les professionnels du web social, elle est centrée sur ceux qui mènent internet aujourd’hui : les utilisateurs …lire la suite

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