? gootenberg.fr, le blog Communication Corporate et e-reputation

On ne peut pas toujours être à la traine des tendances, et c’est même déconseillé dans nos métiers. Parfois on a l’impression d’être en avance, mais c’est une notion très relative, en avance par rapport à qui ? A ses collègues d’agence de com’ ? A la plupart de ses contacts Twitter ? A sa grand-mère de Bretagne ?

S’il est préférable de ne pas découvrir la dernière tendance berlinoise de la bouche de sa grand-mère bretonne, on est à peu près sûr de ne pas révéler en permanence des scoops à l’ensemble de ses contacts twitter (et si oui, c’est qu’ils sont mal choisis).

Mais cette fois, nous avons assuré…grave !

Nous observons depuis quelques mois avec délectation que notre hebdomadaire préféré fait le buzz. D’abord chez les « early adopters » du hashtag #PQRmonamour (groupies des perles de la PQR) mais aussi sur un groupe Facebook « Oise Hebdo – pour les fans » (ils sont plus de 630 à ce jour !), il y a eu quelques citations dans Rue89 et d’autres sites de premiers plans à l’époque des « Strauss-Khaneries », puis un article dans le Canard Enchaîné sur le journaliste qui s’interview tout seul… jusqu’à la consécration : trois pages dans le Grazia du 9 au 15 septembre.

Comme une amie me l’a dit catégoriquement : « 3 pages dans Grazia, ça en fait le it-magazine de la rentrée ! », et puis voilà que Télérama s’y met, alors on se prend à rêver… bientôt Les Inrocks, et Technikart (qui a des délais de bouclage plus long)… on n’interdit rien à Oise Hebdo !

Chez Aspect, la « Oisehebdomania » nous a touchés en juin 2008 lorsque nous avons reçu le premier numéro d’un abonnement de 6 mois (nous avions un client dans l’Oise) ! Six mois de rigolade tous les jeudis, six mois de « Rooh, tu as vu, il y a encore un maire qui est mort !!! » ou de « Quelqu’un a vu Oise Hebdo ? J’ai pas encore fini de le lire… », ça change des agences où on s’arrache Vogue ou Le Monde, chacun son truc, et nous, de juin à décembre 2008, c’était Oise Hebdo.

En cadeau, voilà la première couverture, celle qui nous a conquis, exposée fièrement dans mon bureau et que nous avons bien sûr emmenée dans nos nouveaux locaux !

Fabien Pecot

photo Oise Hebdo

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source: blog Samuel Mallet (http://samuelmallet.wordpress.com)

source: blog Samuel Mallet (http://samuelmallet.wordpress.com)

« Twitter, prochain prix Pulitzer », pour sa soirée de lancement à la Bo[a]te, le Social Media Club Marseille avait décidé d’aborder hier soir les malheurs de la presse, vus sous l’angle du succès des media sociaux. Le panel et la (très nombreuse) assistance ont abordé la nécessaire révolution des rédactions, le poids du papier, le besoin de revenir aux fondamentaux du métier journalistique (mais lesquels)…

Lionel Fleury, directeur de l’Ecole de Journalisme et Communication de Marseille a ouvert le débat en rappelant que la question ne datait pas de Twitter mais de 1973, lorsque Europe 1 avait décidé d’introduire son « téléphone rouge » afin de permettre aux auditeurs d’alerter la radio. Le public pouvait devenir acteur de l’info, ce qui supposait déjà une remise en question du monopole de l’apport d’information du journaliste.

« Certains progrès techniques viennent briser les rentes »

C’est Rubin Sfadj (avocat, blogueur, professeur à l’IAE d’Aix et @rubin sur Twitter) qui a prononcé cette phrase pour résumer une longue intervention de Pierre Boucaud (Directeur de la publication de Marsactu, @pboucaud) qui expliquait comment les nouveaux outils lui avaient permis de venir concurrencer la Provence et la Marseillaise sur le terrain de l’information locale. Mais aussi à Edwy Plenel de venir chahuter le Monde. Les nouvelles technologies ont fait baisser le ticket d’entrée « on peut presque faire du direct avec un téléphone ! », et quand on lui dit que Twitter met en danger les agences de presse, il répond du tac au tac « de toutes manières, à marsactu, on n’avait pas les moyens de se payer l’AFP ».

Quel est le cœur du métier de journaliste ?

Pour Philippe Pujol (journaliste à la Marseillaise, @philippepujol), il y aura toujours des gens qui auront besoin de faire un travail journalistique, il explique un brin fièrement « aujourd’hui à Marseille, qui a le numéro du Procureur, du Commissaire de Police et de 2 ou 3 truands ? Moi », pour lui, ce qui peut faire la différence, c’est le carnet d’adresse et la relation que le journaliste entretien avec ses sources. C’est sa seule garantie d’avoir l’info avant Twitter… « jusqu’à ce que ton carnet d’adresses commencent à twitter » modère Pierre Boucaud.

Pour Rubin Sfadj, « les gens de media doivent réinventer leur pertinence », prenant l’exemple du Monde, il explique que si les pages opinions sont vraiment différentes et intéressantes, les actus sont souvent périmées lorsqu’elles sont imprimées. Quelle est la pertinence d’une info périmée ? Comment redonner de la valeur à une information lorsque je sais qu’elle n’en sera plus une lorsqu’elle sera publiée ? Les quotidiens pourraient ici s’inspirer des magazines… Car comme le faisaient remarquer tour à tour Philippe Pujol et Nouredine Zidane (journaliste de France Inter ayant participé à l’expérience Huis Clos sur le Net) : si le tweet se prête bien au faits divers, il ne permet pas de révéler une analyse de fond (autrement qu’avec un lien vers un article).

On se rappelle aussi qu’à Berlin, les « Ownis » nous avaient donné leur vision du rôle des journalistes : un hacker capable de proposer une information visuellement facile à intégrer, travaillant dans un media devenu lieu de collecte des données brutes, mais aussi de vérification, d’analyse, de mise en forme, puis support de leur diffusion vers tous les utilisateurs.

Alors on fait quoi ?

Une idée : un quotidien ne cherche plus à être le premier mais à rendre compréhensible la masse de twitinfos diffusés la veille, grâce à des analyses ou des éclairages obtenus par un carnet d’adresses bien fourni.

Mais au-delà, les groupes media doivent arriver à gérer différents appareils industriels : un flux continu sur le web, mais aussi des articles de fond qui viendraient plus tard, peut-être sur papier. Et que dire de l’Etat qui investit sur le passé en aidant Nice Matin à investir 18 millions d’euros pour acheter des rotatives et soumet Mediapart, Marsactu et les autres à  une TVA de 19,6% ?

Comme souvent, l’arrivée d’une révolution technique pousse les acteurs du secteur à se réorganiser, on a pu constater hier, à la Bo[a]te qu’à défaut d’avoir trouvé LA solution, le secteur bouge et teste des choses, dont certaines semblent prometteuses.

Fabien Pecot

NB: Une première réussie pour l’antenne marseillaise du Social Media Club France, avec plus de 50 personnes présentes et surtout de la qualité dans les débats. Vous pourrez retrouver tous les tweets d’hier avec le hashtag #SMCmars. Prochaine conférence le 3 octobre, bonne chance pour la suite.

Très bon billet de Samuel Mallet sur le « Journal Twitter » (à qui j’ai emprunté l’illustration)

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IMG_0499Cocorico hier au salon re:publica à Berlin : Nicolas Kayser-Bril, d’Owni.fr, venait expliquer comment le data-journalisme apporte une réponse à deux problèmes fondamentaux du traitement de l’information aujourd’hui : le sens et la monétisation.

Il aborde la première question avec le concept de « l’infobésité ». Ça n’aura échappé à personne, trop d’informations à gérer pose la question de leur donner du sens (voir à ce sujet l’interview d’I.Ramonet sur l’explosion du journalisme, France2)
Comme le souligne Nicolas, un fil Twitter ne raconte pas grand-chose : Il prend ainsi l’exemple de #tunisie, voir défiler la masse des tweets n’apporte pas de vision globale. Et chez Wikileaks, l’information – brute – n’est qu’une base de données géante. Il faut donc l’intervention du journaliste pour « digérer » l’info brute afin de la rendre assimilable pour le grand public. …lire la suite

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Avec le lancement de « Carré Viiip », sa nouvelle émission de télé-réalité, TF1 met la e-reputation à la portée de tous Français. Si le concept de base, l’enfermement scénarisé d’un groupe de personnages passablement extravertis, varie peu, la nouveauté réside cette année dans le mode d’évaluation très 2.0 de la popularité des candidats : C’en est fini du bête SMS surtaxé, place à la e-reputation mesurée par le « Vipomètre ». Ainsi que le signale Le Parisien, chaque candidat sera noté sur la base du volume « d’articles dans la presse, d’interviews télé, de clics sur la page Facebook, de votes du public », qu’il / elle suscitera par son attitude – bref un indicateur de buzz qui résume bien la porosité entre médias classiques et médias sociaux: Un « bon » article, ou une vidéo virale, fabrique une reconnaissance instantanément sanctionnée par le sacro-saint clic sur le « J’aime » de Facebook … … Il existe, certes, des systèmes de mesure plus sophistiqués – tels que celui proposé par le site Famecount, le baromètre de popularité en ligne qui cumule la présence sur Facebook, Twitter et YouTube -. Mais on comprend bien que TF1 se refuse à comptabiliser l’audience de YouTube un canal directement concurrent, comme indicateur de succès. Il s’avère cependant qu’en comptabilisant le trafic sur Facebook, la chaîne confère ses lettres de noblesse au premier des médias sociaux. Ainsi, l’intégration du Vipomètre dans un programme de forte audience (espérée) ne marque-t-elle pas clairement l’entrée de la ménagère de moins de 50 ans dans l’ère du 2.0 ?

François Ramaget

Ta terre fuieImpossible d’échapper au bruit provoqué par le « Cable gate » qu’a déclenché le site Wikileaks, en assurant la mise en ligne de 250,000 mémos de la diplomatie américaine. … Après la publication de rapports confidentiels sur la guerre en Irak, le site, qui garantit l’anonymat de ses sources, poursuit une politique de révélations-chocs, posant des questions fondamentales sur le droit à l’information.

Si beaucoup de choses méritent d’être portées à l’attention du public, tous les moyens sont-ils légitimes pour y accéder ? L’incitation à la trahison du secret – professionnel ou d’état- fait-elle partie des méthodes licites ? Et tout doit-il être mis sur la place publique au prétexte qu’il s’agirait d’une information rendue disponible ? La devise du site « Publishing improves transparency, and this transparency creates a better society for all people » (Publier améliore la transparence et cette transparence crée une société meilleure pour tout le monde) justifie abruptement la démarche – mais cette formule ne rappelle-t-elle pas, par sa concision enfantine, l’utopie lapidaire de Google avec son célèbre « Don’t be evil” … ? Ce principe suffit-il à justifier la pratique d’un «  journalisme » geek, qui consiste à tout publier – sous prétexte de dévoiler les grandes manipulations dont nous serions victimes ? N’y aurait-il aucune limite à la mission d’informer ? …lire la suite

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Burning bookLes Africains ont coutume de dire qu’un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle. Ici, quand un vétéran de la presse professionnelle disparait, on pourra penser que c’est un métier qui s’appauvrit. Le magazine CB News vient de mettre la clé sous la porte après 24 ans de bons et loyaux services rendus à la communication d’entreprise. 1078 parutions hebdomadaires consacrées au décryptage d’une industrie de la communication qui pèse en France près de 30 milliards d’euros …lire la suite

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Dommage collatéral de la catastrophe nationale vécue hier par 17 millions de téléspectateurs – et leurs 45 millions de voisins – l’action TF1 affiche ce jour un cours en baisse de 2%. Comme si 1 but encaissé par les bleus valait 1% de la valeur de la chaîne…   …lire la suite

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Déception du côté de l’audience (environ 13% de parts de marché) mais succès en buzz : le jeu de la mort de France 2 peut s’enorgueillir de 3 096 entrées dans Google Actu sur la semaine précédente, des articles dans la presse internationale (The Independent, La Repubblica, Corriere Della Sera, Le Temps…) plus de 780 tweets sur les dernières 24h (avec le #jeudelamort)… peu de chaînes françaises réussissent ça, peut être car peu d’entre elles innovent à ce point.

Quand le « racolage » rencontre le service public.

La chaîne a quand même réussi à programmer de la psychologie sociale en prime-time (peu de disciplines universitaires ont ce privilège), avec les commentaires d’un groupe de professeurs qui n’a a priori rien du tandem Nikos Aliagas-Victoria Silvstedt, mais sans s’interdire de nous montrer quelques images racoleuses (une japonaise que l’on met dans l’eau bouillante et qui a mal, une fille qui « se lâche » sur l’île de la tentation ou encore cet Anglais qui joue à la roulette russe en direct…). Il faut bien voir pour comprendre.

N’empêche qu’hier, devant mon PC en streaming, j’ai appris ou révisé de vraies notions de psychologie sociale (le concept d’autorité, les injonctions, les processus d’engagement…) expliquées par un excellent Jean-Léon Beauvois, qui a su rester accessible sans trop vulgariser.

J’ai aussi beaucoup aimé l’idée d’aller au bout de ce qu’il y a de plus intéressant dans la téléréalité : l’expérience socio. Je me suis même demandé si ce n’était pas ça la vraie téléréalité : des gens qui ne savent pas qu’ils participent à une expérience, des universitaires pour nous aider à décoder les réactions et de vraies conclusions.

Je regrette quand même un gros oubli dans l’émission d’hier : le public (car eux aussi ont été piégés). Je me suis couché avec de nombreuses questions quant à l’effet de l’autorité sur le groupe : quelles ont été leurs réactions ? Pourquoi n’ont-ils pas bougés ? Comment ont-ils gérés leurs dissonances ?

Alors pourquoi ce programme intello grand public, « racoleur » et instructif comme il faut, n’a pas été ce grand rendez-vous de télévision que l’on aurait pu imaginer ?

Il y a quelque chose d’ironique dans la réponse. Voilà un documentaire sur la prétendue autorité et influence de la télévision sur l’individu qui n’arrive même pas à rassembler plus de 3 millions de personnes. A l’heure ou la télévision perd chaque jour un peu plus son statut de média de masse (nous étions au moins trois à suivre le doc en streaming depuis mon ordinateur), quelle importance accorder à des interrogations aussi sévères quant à son pouvoir ? J’avais un peu l’impression que la télé parlait d’elle-même et pour elle-même, affichant son pouvoir et ses guerres internes (les méchantes chaînes commerciales prêtes à tout pour l’audience contre le gentil service public qui nous aide à décoder), en oubliant l’essentiel…

Car Internet est selon moi le grand absent de la soirée, évoqué trop rapidement pendant le débat, son influence et son autorité n’ont pas été évoquées. Sachant que plus on est proche de la victime, plus il est dur d’obéir à l’ordre (c’est d’ailleurs pour ça que même si le « questionneur » entendait les cris de la victime, il ne la voyait pas) il eut été intéressant de se poser la question : quid d’assener une décharge électrique via son clavier à un inconnu situé au bout du monde ?

Des questions à creuser…mais comme la télé est encore le premier média, on peut dire que France 2 a réussi son pari, et comme disaient les premières campagnes de pub pour France 5 : « éduquons !…n’est pas une insulte ! »

Fabien Pecot

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GutenbergCurieux, ce vivat unanime des éditeurs de presse pour saluer l’arrivée du iPad, la tablette connectée qui viendrait donc sauver une industrie au bord de la banqueroute. Comme si la crise des médias papier pouvait être réglée par l’arrivée d’un seul device messianique, griffé de la marque à la pomme. Ainsi, ce nouveau support électronique suffirait à endiguer le désamour grandissant envers l’écrit. Les amateurs de PSP et de Youtube s’apprêteraient à échanger, comme un seul homme, leur distraction favorite contre la lecture des quotidiens. Et, contrairement aux fondements de la théorie de l’évolution, un organe créerait la fonction, l’iPad suscitant subitement le goût de l’écrit et l’envie de le financer …

Mais s’agit-il uniquement d une affaire de contenant ? Le flacon iPad provoquera-t-il l’ivresse des lecteurs – et des éditeurs – sans qu’on ne change rien aux contenus éditoriaux ? Sans doute pas si la presse s’en tient à la commercialisation d’ersatz pdf de son édition papier. Sans doute pas si elle ne tient pas compte de l’arrivée des « millenials », cette génération Y née après l’invention du PC et grandie avec le jeu vidéo. Non, le problème des journaux ne sera pas réglé en se contentant d’embarquer quelques liens vidéo sur les sites de presse…

Mais tous les espoirs sont permis si les éditeurs imaginent les nouveaux contenus qu’attend le marché. Rappelons-nous le marché de l’édition avant l’arrivée de Gutenberg : Les moines copiaient la Bible – et quelques livres religieux – à l’intention de leurs pairs. Point. Puis, d’un coup, vers 1450, l’invention de l’imprimerie .a permis la diffusion de la philosophie, des sciences et du roman … Érasme, Copernic et Rabelais en ont profité, la Renaissance en est issue.

Aussi, s’il était vrai qu’Apple vienne de ressusciter Gutenberg, c’est aux médias maintenant de prendre des risques créatifs pour faire tourner l’imprimerie.

François Ramaget

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Selon différentes sources fiables, un nouveau magazine destiné aux professionnels de la communication pourrait voir le jour début 2010. Un grand groupe de presse serait derrière cette audace : on pense forcément à NextRadioTV et Bolloré.

Quelqu’un en sait plus ?

A suivre…

Fabien Pecot

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