? gootenberg.fr, le blog Communication Corporate et e-reputation

Bizarre, le lancement d’une campagne de pub télé en faveur de la pub télé…  A initiative du SNPTV,  saluons cet intéressant exercice de narcissisme qui consiste a s’auto-promouvoir en se décernant des lauriers à l’unanimité  de la profession.

L’intitulé de la campagne,  « Et vous, la publicité TV, vous en pensez quoi », laissait espérer qu’on donnerait la parole aux téléspectateurs, mais voila, ce montage d’extraits de pub en faveur de la pub n’annonce qu’une couleur : « Les téléspectateurs aiment la pub télé » (sic). Point. Pas l’ombre d’un questionnement, d’un témoignage ou encore moins d’une remarque critique. Pas trace d’une preuve, d’un résultat d’enquête, d’un taux de satisfaction. De la pub quoi.

Dommage que le SNPTV n’ait pas jugé bon de tabler sur le discours argumenté via les relations média. Dans les faits, cette campagne directement inspirée du talent créatif des afficheurs de parkings – Vous avez sans doute déjà vu ces 4X3 de de centres commercieaux proclamant « Votre pub ici »  – ne convaincra pas sans doute grand monde mais, au moins, elle occupera de l’espace. D’ailleurs, au-delà des enjeux d’image pour la profession, se pourrait-il que  la multi-diffusion des spots vise aussi a masquer la maigreur des écrans de la rentrée ? Non, c’est pas possible …

François Ramaget

, , ,

Décembre est la saison des vœux et des bilans de fin d ‘année, et de la distribution rituelle des trophées aux professionnels de la communication. Télescopage d’awards ces jours-ci avec la publication, chez nous, du palmarès des « agences de l’année », simultanément aux PR people awards – décernés aux Etats Unis par PR News.

Sans revenir sur le détail des palmarès, il est intéressant de noter que nos décideurs désignent les enseignes les plus méritantes, là nos confrères américains élisent des personnalités exemplaires… L’approche des agences de l’année » conduit ainsi immanquablement nos experts à récompenser l’oligopole des grands groupes cotés  en lui décernant plus de la moitié des trophées mis en jeu, dans les catégories ouvertes, et ne laisser que les miettes aux indépendants. (Bravo d’ailleurs a l’agence Elan qui l’emporte dans la catégorie Relations Publiques;-). L’approche US,  qui privilégie systématiquement la performance de l’individu sans tenir compte de la stature de son entreprise, nous semble mieux adaptée à une profession fondée sur les talents.

agences de l'annee

Soulignons ainsi le trophée de « PR blogger of the year » décerné a Brian Solis, dirigeant de Future Works et infatigable commentateur de l’actualité des médias sociaux au travers de son célèbre blog PR 2.0. Et souhaitons qu’ici, le métier de la communication s’ouvre davantage à la reconnaissance des personnes plutôt qu’a celle de leurs employeurs du CAC  ou du NYSE.

François Ramaget

J’ai profité du pont de début de semaine pour aller à Barcelone, où j’ai été frappé par une affiche géante faisant la promotion de … Madrid, sa grande rivale !

La capitale catalane est, selon les classements, la 3e ou 4e ville la plus visitée en Europe avec plus de 5 millions de visiteurs annuels, derrière Londres, Paris et Rome, mais loin devant Madrid (3,4 millions) d’après le classement 2007 du Magazine du tourisme.

Et les deux villes sont concurrentes en tout : économie, tourisme d’affaires, accueil de manifestations internationales, football, basketball et autres sports, concours de la tour de bureau la plus haute etc…

La « Comunidad de Madrid » (équivalent de l’Ile de France) a déployé depuis longtemps différentes  campagnes très graphiques pour le tourisme et la promotion de leur territoire, mais cette initiative m’a vraiment frappé par son intelligence : moitié provoc (dans le bon sens du terme) moitié clin d’œil. Graphisme simple, message clair, elle ne prend tout son sens que grâce à son emplacement.Affiche Madrid Passeig de Gràcia

Déjà, elle est énorme (on la voit facilement depuis la coline de Montjüic – à environ 5 km de là), en plus, elle est à 200m de la Pedrera, une des œuvres majeures de Gaudi et passage obligé pour n’importe quel touriste de passage. Mais ce n’est pas tout, elle est située au croisement de l’avenue Diagonal (une des principales artères de la ville qui la traverse entièrement, comme son nom l’indique, en diagonale) et du Passeig de Gràcia (les Champs-Elysées barcelonais) : un endroit hautement stratégique en termes de passage et de symbole.

Et comme si ce n’était pas assez, le slogan (Mad about you – fou de toi) est traduit en catalan (Bojos  per tu !). Un très bon clin d’œil quand on connaît les querelles linguistiques qui enveniment (et animent) les relations entre les deux villes, et entre les deux partis au pouvoir dans ces deux régions d’Espagne.

Cette campagne me fait penser à une affiche de la SNCF,  près des plages du Prado à Marseille : elle aussi était immense et montrait une ville regroupant d’un côté le Vieux-Port et la Bonne Mère, et de l’autre la Tour Eiffel et Montmartre, avec un slogan du type « Paris-Marseille toujours plus proches » (si quelqu’un s’en souvient, je serai ravi de préciser).

Des campagnes malignes, à apprécier en attendant les pubs pour la Nouvelle Star sur TF1 – ou pour Easyjet dans Air France Magazine ;-)

Fabien Pecot

, , , , , , ,

Oui, elle est superbe cette pub pour l’internet par Orange, captant finement les nuances de nos émotions tout autant que celles de la langue française … Mais que dit-elle au juste ? Qu’il y a internet et internet, donc qu’internet c’est mieux chez eux et méfiez vous des contrefaçons. Bof …

Remplacez internet par consommation ou automobile, banque ou ce que vous voudrez, et le même spot pourrait aussi bien être signé par Carrefour, BMW, HSBC ( d’ailleurs, c’est déjà fait ;-) ou machin, non ?

Encore une de ces campagnes d’image qui délivrent une éblouissante absence de preuves, un brillant exercice de style qui réjouit certainement les créatifs et enorgueillit l’annonceur-mécène, mais on se permettra de douter qu’il génère un afflux de souscriptions.

On objectera que c’est de la comm’ corporate et pas une campagne de promo, il n’en demeure pas moins que le film ne « communique » que fort peu d’informations sur l’entreprise ou son produit: Sans réveiller le fantôme des campagnes Toscani pour Benetton,  on peut se demander si la communication d’une entreprise peut se dispenser de tout rapport avec le schmilblick …

Je vous incite à cet égard à jeter un oeil sur les commentaires laissés sur YouTube : Si nombreux sont ceux qui soulignent la beauté du film, on y trouve aussi quelques râleurs, décus par l’opérateur.  On n’y trouve surtout pas l’ombre d’un nouveau client qui aurait switché d’opérateur pour souscrire chez Orange, suite à la fameuse « claque » que lui aurait procuré le film. Sans doute n’était-ce pas le but ? Mais alors quelle est la valeur du buzz qu’il a provoqué ? Ceci est une autre histoire …

François Ramaget

, ,

Suite a la parution d’un pseudo-communiqué de Zeturf dans le quotidien Metro,  Bercy rappelle l’interdiction de la publicité pour les paris en ligne.

Au-delà des poursuites encourues par le site, on s’interrogera surtout sur l’opportunité d’une stratégie publicitaire pour les paris en ligne … Ainsi, les opérateurs de jeux imagineraient que la publicité puisse nous inciter à la découverte de leurs produits financiers à risque. Mais, comme pour toute offre innovante et complexe, la publicité, c’est çà dire la communication 1.0 – unilatérale et financée par l’annonceur -, n’a jamais constitué un instrument crédible. Étonnant que les responsables de ces sites ne s’en soient pas rendu compte… A moins qu’ils n’aient anticipé le retentissement médiatique de l’interdiction – et initié ainsi une astucieuse campagne de « guerilla PR » ;-)

Alors, les responsables de la communication de Zeturf sont-ils maladroits ou bien fins stratèges ? Je vous laisse le soin de vous faire votre opinion.

François Ramaget

, ,

Nouvelle imageNouvelle image (1)Voilà un bon exemple de complémentarité (amusante) entre les RP et la publicité. Ces insertions sur deezer m’ont d’abord étonné : « qu’est ce que c’est que ce truc ! », et puis j’ai fait le lien avec la « création du jour » dans la newsletter Stratégies d’hier, a savoir le spot INPES du jeune homme qui fait un test de grossesse.

En cliquant sur ces pubs, on arrive évidement sur le site de la campagne, l’occasion de revoir la vidéo qui tourne déjà depuis quelques jours, mais aussi la seconde, celle du scooter, encore plus rigolote.

Comme quoi, on peut faire de la communication pour les grandes causes en étant très créatif et décalé !

Bravo à l’INPES et aux agences qui ont travaillé sur le concept.

Fabien Pecot

, , ,

Sésame, ouvre-toi

Après avoir tenté de retarder autant que possible la date fatidique, le Gouvernement français, contraint et forcé, a finalement cédé à Bruxelles. Eric Woerth l’a annoncé le 25 mars en Conseil des Ministres : le 1er janvier 2010, le marché français des jeux et des paris en ligne sera ouvert à la concurrence. Autrement dit, plus qu’un marché, c’est une caverne d’Ali Baba que la France s’apprête à légaliser, un trésor qui excite les appétits des acteurs historiques comme des challengers, et même de ceux que l’on aurait pu croire déjà repus…

Le cabinet de conseil Arthur D. Little estimait que le montant des mises sur le marché des jeux en ligne légaux en France s’élevait, début 2009, à 680 millions d’euros. Pour début 2015, il l’évalue à 3,4 milliards d’euros. La crise ? Dans le monde du jeu, on n’en pas entendu parler…

Il est vrai que les Français, fondus de grattage et de loteries en tout genre, et nouvellement accros au poker, risquent fort de se prendre au jeu des paris sportifs et autres amusements sur Internet. En février, le patron de la Française des Jeux se consolait des « mauvais » résultats du loto (les jeux de tirage et de grattage n’ont progressé que de 0,9% en 2008) en rappelant que sa société avait diverti 29 millions de joueurs, autant dire un vivier de parieurs en ligne potentiels. La Française des Jeux, comme le PMU, a bien senti le vent tourner et l’un comme l’autre se prépare depuis de longs mois à rattraper son retard sur Internet.

Ainsi l’ouverture du marché des jeux en ligne est-elle synonyme de croissance pour les opérateurs historiques, de soulagement pour les casinotiers et les opérateurs privés, de nouveauté pour les joueurs, mais aussi d’opportunité pour les clubs via le sponsoring ; et la promesse de ressources nouvelles pour les organisateurs d’événements sportifs (rémunérés au titre des droits de propriété intellectuelle lorsque des paris seront pris sur l’une de leur compétitions), mais c’est aussi un jackpot pour les publicitaires et les marketeurs.

Car, en termes de communication, l’expérience a montré que, passée l’effervescence liée à l’ouverture d’un nouveau marché, seule une poignée d’acteurs parmi les plus connus est en mesure de proposer une offre viable, compétitive et attractive. Et que la stratégie la plus agressive était souvent la plus payante – Pas besoin, pour vous en convaincre, de chantonner toutouyoutou …

Les groupes médias sont donc bien armés pour participer à la bataille. Beaucoup sont déjà sur les starting-blocks, je serais même tentée de soupçonner le groupe Amaury de faux départ alors que la page d’accueil du Parisien propose au visiteur de participer à un tournoi de poker en ligne, co-organisé par bwin… car faute de législation, la publicité pour les jeux d’argent en ligne demeure bel et bien interdite.

Mais avant la déferlante publicitaire qui marquera le début 2010, l’ouverture se prépare dès maintenant : Les offres se structurent, les dossiers de candidature à la licence française se consolident, les futurs joueurs s’apprivoisent, les campagnes de visibilité s’étudient et le buzz esquisse déjà les réputations… Réputation ? … Tiens, tiens, parmi les techniques légales à disposition des acteurs, quel est donc le Sésame qui pourrait entrouvrir la caverne ?

Adeline Deliau

Vous appelez une une rédactrice en chef pour lui proposer l’interview d’un chef d’entreprise et elle vous annonce tout de go : « Voyez avec ma commerciale ! Vous, vous vendez vos trucs. Ici, on commence par la pub et après on voit pour le rédactionnel ! » ? Aïe …

Bien sûr, ces pratiques ont toujours été de mise dans certains secteurs, plus particulièrement dans les petits supports manquant de moyens, où les titres de rédacteur et chef et directeur de la régie sont cumulés par Monsieur, tandis que Madame est à la fois grand reporter et chef comptable. Mais il semble que la crise soit aussi passée par là. Ainsi, voici trois expériences qui me sont arrivées ces dernières 24 heures.

D’abord un commercial qui se fait passer pour journaliste, finit par avouer qu’il travaille pour la régie mais conclut surtout par « ne vous inquiétez pas, je vous trouverai bien un journaliste pour parler de votre client, sans problème ! ».

Ensuite cette rédactrice en chef, responsable de la rédaction qui annonce très clairement que son magazine n’écrit qu’après achat d’espace.

Enfin, cet appel d’une régie qui me propose à titre gracieux de « l’actualité commerciale », « pour faire plaisir à votre client qui achète souvent chez nous ». Décryptons : cette dame me propose de lui envoyer un communiqué de presse – avec visuel- que quelques journalistes se chargeront de déguiser en actualité.

Trois en moins de 24h – et pour des clients différents ;-(

On entend dire que des rédactions de haut niveau recevraient de grosses pressions de la part des régies. Il n’y aurait pas, cette semaine, une seule de pub payée dans l’un news magazines les plus diffusés de l’hexagone… La presse va mal, et du coup nous aussi.

Quel avenir pour les RP dans un paysage médiatique aussi bas de plafond ? Nous avons tous besoin de rédactions indépendantes et crédibles, qui donnent un sens à notre métier. Messieurs les journalistes, nos intérêts ne sont pas éloignés des vôtres. Nous avons encore plus besoin les uns des autres si nous ne voulons pas que le futur des médias se résume à des prospectus commerciaux joliment mis en page.

Fabien Pecot

Je lisais il y a quelques jours un billet sur le blog de Gregory Pouy qui m’a fait réagir …
Il y parle de ces fausses pubs que l’on voit ici et là sur le web (Guiness, Lego, Heineken…), et il se demande si les marques n’utilisent finalement pas la tactique de la « vraie fausse pub » pour communiquer plus jeune sans prendre de risques. A première vue, on serait tenté de le croire.

Rien de mieux qu’un bon petit buzz sur le web pour venir en aide au manque de créativité des pubs à la télé (aucune intention de mettre en doute la créativité des agences mais plutôt la frilosité des annonceurs) ! Le net devient alors un exutoire bienvenu pour nos tandems client frileux-créas frustrés, on y voit de tout, on y contrôle rien, et finalement pourquoi ne pas en profiter pour annoncer un peu mais pas trop, attirer l’ado sans choquer la maman – qui ne regarde pas ?

C’est une question qui revient souvent lorsque l’on parle RP online entre nous, avec des prospects ou des clients : y va-t-on à découvert, avec un faux nez, ou complètement camouflé jusqu’à dire « non c’est pas moi »-même si on nous prend la main dans le sac ? Comment appréhender la jungle du web ? Chez Aspect, nous penchons plutôt vers la solution de la franchise, pour une raison simple : tout se sait, et encore plus sur le web, le billet de Gregory en est la preuve !
Selon nous la vraie question serait plutôt de savoir si l’on veut le dire franchement dès le début ou attendre qu’un bloggeur le révèle ? Et surtout accepter dès le début d’assumer le message.

Le débat reste ouvert… quel est votre avis ?

Fabien Pecot

,

La communication de crise, la vraie, n’est-ce pas celle qu’agences et entreprises doivent inventer pour 2009 ? Nous ne parlons pas de la crise locale et circonstanciée, dûment identifiée, clairement diagnostiquée en tant que pépin passager de la santé économique de l’entreprise. Mais de cette crise globale qui se développe vigoureusement tous azimuts, entraînant pêle-mêle l’expulsion des foyers américains surendettés et le chomage technique de l’industrie automobile européenne. Oui, quelle communication l’entreprise doit-elle adopter pour ces mois à venir, marqués par une réticence générale à investir et consommer ?

Les premiers éléments de réponse nous sont fournis par les résultats de l’étude MarketingSherpa « Marketing Tactics in the Economic Downturn » – et le lien pour plus de détails.

Comme on pouvait s’y attendre, les marketeurs entendent se détourner massivement de l’achat d’espace (83% ont l’intention de réduire leurs investissements en pub radio et TV, – 60% en affichage) pour favoriser l’ensemble des tactiques interactives (social networking, emailing sur bases clients, search marketing).

Même si nous regrettons que les PR ne soient pas cités par l’enquête – alors que leur fondement même est d’entretenir le dialogue avec l’opinion publique -, nous noterons que nos valeurs sont au coeur des stratégies de rétablissement de la confiance

Et cette enquête nous encourage à poursuivre notre propre réflexion sur les tendances de la communication pour l’année à venir: N’hésitez pas à apporter votre contribution à notre sondage « Communiquer en 2009″

Merci de votre confiance ;-)

François Ramaget et Fabien Pecot