Indépendamment de toute couleur politique, force est de constater que les primaires socialistes ont remporté un franc succès médiatique. Si l’on en croit la mesure de Kantar Media, le premier tour aurait déjà fait 10 fois plus de bruit que la disparition de Steve Jobs… Quant au second, il a généré selon Google Actualités plus de 12000 articles / sujets sur la semaine écoulée, soit davantage que le mondial de rugby sur la même période.
Le procédé de désignation du candidat socialiste par le recours au débat public aurait pu passer pour l’aveu de faiblesse d’un parti privé de leader naturel. Alors que certains n’y voyaient que la piteuse nécessité d’exhiber hésitations et déchirements sur la place publique, le scrutin s’est avéré une belle opportunité de story-telling pour ses protagonistes : débats télévisés, oppositions de styles, ralliements, faux bonds et suspense, aucun ingrédient n’a manqué pour transformer ces primaires en une exceptionnelle tribune de visibilité pour le parti – et le vainqueur de l’exercice.
L’intuition d’ouvrir le scrutin à tous les électeurs, au-delà du petit cercle des adhérents, a rencontré un fort écho à l’heure des réseaux sociaux qui familiarisent les Français avec la « like » attitude. Certes, les électeurs n’ont été que 3 millions. Mais au-delà du trafic, le buzz est le critère majeur de toute opération de communication. Et la curiosité pour François Hollande a ainsi dépassé, à la faveur des primaires, celle éprouvée pour les sélectionneurs du ballon – rond ou ovale ; -) De ce point de vue, la mise en scène de l’investiture socialiste constitue certainement un cas d’école.
Éternel sujet de la relation agence – annonceurs, la question du prix du service a pris une acuité particulière avec l’arrivée des acheteurs dans la boucle des appels d’offre de communication. Ainsi, participant récemment à une compétition d’agences, ai-je entendu l’un de ces acheteurs faire son métier en insistant sur le caractère « déterminant du prix pour l’attribution du dossier »…
Si l’on comprend évidemment la volonté de réduction des coûts, c’est aussi l’occasion de signaler que les relations publiques sont un « people business », reposant exclusivement sur la performance des individus. Toutes les agences dignes de ce nom disposent peu ou prou des mêmes outils, les différences de prix reflètent bien davantage les écarts de valeur entre consultants que d’éventuels écarts de productivité. Et la qualité des personnes impliquées est précisément le critère déterminant pour la réussite d’une action de relations publiques. Qu’il s’agisse de capacités d’écriture, intelligence argumentaire ou sens du rebond sur l’actualité, le prix à payer (ou pas …) pour les RP n’est au final que le prix des talents qui contribuent au programme. …lire la suite
Cocasse, cette campagne de buzz orchestrée par les communicants dévoués à la cause des huissiers … Le truc, c’est la caméra cachée pendant l’une de leurs visites impromptues, le gag à la « surprise sur prise » supposé « djeuns » et susceptible de redresser l’image d’une profession malaimée… Mouais.
A en juger par la mine défaite du quidam surpris par le coup de sonnette, le film insiste surtout sur le sentiment de malaise qu’ils inspirent à priori. Le fait est que, pour une intervention qu’on viendrait à solliciter, ils rendent infiniment plus de visites mal vécues, que ce soit pour avis de saisie d’impôts, PV ou loyers impayés … C’est la nature même du job et un film clin d’œil n’y changera rien.
Ceci dit, cette tentative ouvre d’intéressantes perspectives de buzz aux professions les plus redoutées du pays: On imagine déjà les agences d’e-reputation fourbissant des campagnes à la gloire des aubergines (ah! la vidéo impayable où elles glissent des mots d’amour sous les essuie-glaces), des controleurs fiscaux (venus déposer en mains propres des chèques de trop-perçu) ou des agents de l’immigration (grimés en Pères Noël pour organiser la distribution de cartes d’identité) …
Oui, on peut toujours buzzer pour redorer sa réputation, mais pour créer de la connivence, certains devraient changer l’ADN même de leur profession. C’est juste un peu plus impliquant que de produire un film viral…
Oui, elle est superbe cette pub pour l’internet par Orange, captant finement les nuances de nos émotions tout autant que celles de la langue française … Mais que dit-elle au juste ? Qu’il y a internet et internet, donc qu’internet c’est mieux chez eux et méfiez vous des contrefaçons. Bof …
Remplacez internet par consommation ou automobile, banque ou ce que vous voudrez, et le même spot pourrait aussi bien être signé par Carrefour, BMW, HSBC ( d’ailleurs, c’est déjà fait ou machin, non ?
Encore une de ces campagnes d’image qui délivrent une éblouissante absence de preuves, un brillant exercice de style qui réjouit certainement les créatifs et enorgueillit l’annonceur-mécène, mais on se permettra de douter qu’il génère un afflux de souscriptions.
On objectera que c’est de la comm’ corporate et pas une campagne de promo, il n’en demeure pas moins que le film ne « communique » que fort peu d’informations sur l’entreprise ou son produit: Sans réveiller le fantôme des campagnes Toscani pour Benetton, on peut se demander si la communication d’une entreprise peut se dispenser de tout rapport avec le schmilblick …
Je vous incite à cet égard à jeter un oeil sur les commentaires laissés sur YouTube : Si nombreux sont ceux qui soulignent la beauté du film, on y trouve aussi quelques râleurs, décus par l’opérateur. On n’y trouve surtout pas l’ombre d’un nouveau client qui aurait switché d’opérateur pour souscrire chez Orange, suite à la fameuse « claque » que lui aurait procuré le film. Sans doute n’était-ce pas le but ? Mais alors quelle est la valeur du buzz qu’il a provoqué ? Ceci est une autre histoire …