? gootenberg.fr, le blog Communication Corporate et e-reputation

Il y a presque trois ans, débutant en relations publiques, je travaillais pour l’agence Hopscotch sur le dossier Neuf Cegetel, parmi les nombreux dossiers, il y avait le Twin. Pour ceux qui l’auraient oublié, il y a quelques années, en  pleine convergence naissante, chacun y était allé de son téléphone hybride ou téléphone wifi : le Twin de Neuf Cegetel, l’Unik d’Orange et le Wifiphone de Free.

Le principe était assez simple : vous pouviez téléphoner via votre abonnement triple play (internet et téléphone illimité en plus de nombreuses chaînes de télé) depuis un mobile connecté en Wifi. On annonçait une révolution : téléphoner gratuitement depuis un mobile !

Bien sûr, il y avait quelques contraintes : il fallait être à proximité d’un hotspot partenaire, la gratuité ne concernait que les fixes et si l’on sortait de la zone, on passait en mode payant : la mobilité était donc réduite. Mais peu importe, on était convergents !

Communiqués de presse, relances, prêts de produits, relances, démonstrations dans le quartier parisien de Montorgueil (le seul endroit où l’on était a peu près sûr de la connexion), relances. Des RP au bulldozer, néanmoins utiles si l’on en croit ce graphique de Google insight mesurant la curiosité naturelle des internautes. <>

On en devine aussi le résultat : SFR a supprimé le Twin après le rachat de Neuf (ce qui n’est pas du goût de tous les anciens utilisateurs ) et Free ne vend plus son hybride. Reste Orange et son Unik qui ne communique pas beaucoup dessus (à défaut de faire une grande campagne corporate un peu obscure : voir billet du 7 octobre 2009).

Peut être que le service hybride était trop contraignant, ou pas abouti, ou que l’Iphone est apparu avec son lots d’applications et de révolutions.

D’ailleurs, n’est-ce pas feu mon cher Twin qu’AT&T est en train de ressusciter en ouvrant son réseau 3G à Skype et les autres acteurs de la VoIP ? Ce serait plutôt le retour du Twin : encore plus méchant, affranchi de la contrainte des hotspots Wifi, fonctionnant sur le réseau 3G, prêt à prendre sa revanche sur le mobile !

Plus sérieusement, la révolution de la convergence mobile va peut être vraiment décoller, à moins que les opérateurs français résistent jusqu’au bout : « on se refait pas » note Zone-numérique après l’annonce d’Orange de proposer l’option VoIP en option payante.

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Oui, en vérité, que manque-t-il à Free pour emporter cette fameuse 4ème licence de téléphonie mobile tant attendue ? On pourra, comme le fait intelligemment Libération, décortiquer le manque de réseaux de l’opérateur ;-)  dans les couloirs du pouvoir, énoncer les vrais faux arguments brandis contre sa candidature, mais aura-t-on pour autant l’explication ? … Vu de l’extérieur, il apparait une évidence : Iliad / Free n’est guère communicant. Oh, bien sûr, je ne parle pas ici des campagnes de publicité, brillantes au demeurant, orchestrées par les CLM BBDO et autres Saatchi, utilisées pour promouvoir la fameuse offre – scotchée à 29,90 € depuis la nuit des temps -, ni de la communication financière, qui ne s’adresse qu’aux spécialistes.

Je veux parler ici de communication corporate, d’une communication qui donne à voir l’entreprise et ses valeurs, ses hommes,  leurs intentions et leurs stratégies… Certes, on a pu entendre le 1er octobre, Maxime Lombardini, Directeur Général d’ILIAD sur les ondes de BFM radio. Et quoi d’autre ? Quid des principaux JTs et des grands magazines qui font l’opinion ?

L’entreprise, concentrée sur son business,  semble peu préoccupée de se faire connaître, sur le mode bien connu du « chacun son métier et les vaches seront bien gardées ». On peut le comprendre dans un contexte de « business as usual » (si ca existe encore …), mais la stratégie publicitaire suffit-elle à révéler la personnalité d’une entreprise, faire connaître ses talents et porter le succès de ses projets ? Les cas sont nombreux de ces grands acteurs, dans tous les secteurs, retoqués par excès de confiance en la qualité de leur dossier. Rappelez-vous simplement Paris dans la course aux JO de 2012 … S’il est vrai, par exemple que, « sur le milliard d’euros, licence comprise, qu’il veut investir dans le réseau mobile, une bonne moitié irait au déploiement physique des antennes. Des milliers d’emplois difficiles à délocaliser… », s’il est vrai qu’il est « le seul opérateur qui traite en interne tous les appels-clients » (dixit Libération), alors il pourrait être pertinent pour Free de le faire savoir haut et fort. Et, au-delà de sa politique tarifaire, de mettre ainsi de son côté l’opinion publique et les décideurs…

On peut comprendre que la communication corporate ne fasse pas partie des fonctions stratégiques du fournisseur d’accès Iliad, mais peut elle le rester pour le postulant qu’il est aujourd’hui ? A trop bien garder ses vaches, ne risque-t-on pas simplement de rester dans son pré ?  ;-)

François Ramaget

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