? gootenberg.fr, le blog Communication Corporate et e-reputation

Cocasse, cette campagne de buzz orchestrée par les communicants dévoués à la cause des huissiers … Le truc, c’est la caméra cachée pendant l’une de leurs visites impromptues, le gag à la « surprise sur prise » supposé « djeuns » et susceptible de redresser l’image d’une profession malaimée… Mouais.

A en juger par la mine défaite du quidam surpris par le coup de sonnette, le film insiste surtout sur le sentiment de malaise qu’ils inspirent à priori. Le fait est que, pour une intervention qu’on viendrait à solliciter, ils rendent infiniment plus de visites mal vécues, que ce soit pour avis de saisie d’impôts, PV ou loyers impayés … C’est la nature même du job et un film clin d’œil n’y changera rien.

Ceci dit, cette tentative ouvre d’intéressantes perspectives de buzz aux professions les plus redoutées du pays: On imagine déjà les agences d’e-reputation fourbissant des campagnes  à la gloire des aubergines (ah! la vidéo impayable où elles glissent des mots d’amour sous les essuie-glaces), des controleurs fiscaux (venus déposer en mains propres des chèques de trop-perçu) ou des agents de l’immigration (grimés en Pères Noël pour organiser la distribution de cartes d’identité) …

Oui, on peut toujours buzzer pour redorer sa réputation, mais pour créer de la connivence, certains devraient changer l’ADN même de leur profession. C’est juste un peu plus impliquant que de produire un film viral…

François Ramaget

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© Christine Lamour - Fotolia.com

© Christine Lamour - Fotolia.com

Tout le monde en parle. Tout le monde. Entreprises, politiques, professions libérales et même vous et moi : Le coup est parti. Cette fois, c’est sûr, l’e-reputation sera le buzz word de l’année 2010. On avait déjà subi la montée des blogs, la vague Facebook, l’irruption du dernier cri Twitter, et voici maintenant le nouveau concept qui les dépasse et les encapsule, pour nous poser abruptement la question: « Comment exister dans le magma des contenus générés par l’utilisateur ? ». Une préoccupation planétaire (au moins sur les deux rives de l’Atlantique Nord) qui génère plus de 7000 posts par jour si l’on doit en croire Google

Des chroniques de David Abiker – excellentes au demeurant – aux papiers vulgarisateurs du Figaro, des éditeurs de logiciels spécialisés à la centaine d’agences revendiquant ce nouvel eldorado, tout le landerneau médiatique bruisse à l’unisson de l’e-reputation, le nouveau mot magique, qui terrifie les uns autant qu’il enflamme la convoitise des autres…  Il y aurait donc quelque chose de nouveau sous le soleil de la comm’.  L’entreprise devrait désormais se méfier plus que tout d’une opinion publique en ligne, perçue comme une terrible gorgone protéiforme et tentaculaire. Il conviendrait de la surveiller. Voire la dompter avec l’aide d’une nouvelle race de communicants, rompus aux arts numériques. L’e-reputation serait une nouvelle strate de la réputation de l’entreprise, comme une nouvelle couche fragile de l’épiderme de l’institution nécessitant le recours à une médecine spécifique et hautement technologique…

Arrêtons-nous un instant pour considérer la question. Oui, l’internaute dispose aujourd’hui de 1001 canaux pour faire instantanément valoir son avis, ses goûts et ses expériences aux yeux du monde. Mais l’internaute n’est qu’un consommateur qui surfe sur le net. Et la réputation de l’entreprise sur le web, qu’il la constate ou bien qu’il contribue à la fabriquer, n’est que le prolongement de celle qu’il perçoit ou véhicule dans sa vie de tous les jours. Content, curieux ou insatisfait d’une marque, il en parle à ses amis et relations, qui l’écoutent – avec une attention inégale… Certes, le web élargit le cercle de ses « amis », décuple ses capacités d’information et son pouvoir d’influence. Mais il ne change pas les fondamentaux de la prescription.

Pour que l’e-reputation soit une vraie nouveauté, il faudrait que l’entreprise ait attendu le web 2.0 pour découvrir ses obligations de bien faire son métier. Pour que l’e-reputation ait besoin d’une nouvelle génération d’experts, il faudrait supposer que les nouveaux médias permettent de s’inventer une vraie « second life », de travestir la réalité, de transmuter les vessies en lanternes … Désolé pour les partisans d’un nouveau paradigme digital, le web est très puissant mais il n’est qu’un vecteur d’accélération et un prisme d’amplification. Il ne transforme pas le réel. Au plan de l’entreprise, Twitter ou pas, la réalité réside dans le savoir-faire, le sens du client, les tarifs, la politique RH, la responsabilité sociale. Et la réputation, en ligne comme ailleurs, se fonde sur la bonne communication de ces atouts.

La réputation est une entité unique et précieuse, pas un accessoire de confort qu’on puisse saucissonner.
Tout comme la santé d’un organe ne se dissocie pas de la santé générale de l’individu, la réputation ne peut pas se décomposer commodément en blocs distincts de réputation physique et digitale. Le brief doit être le même, tout comme les qualités requises pour réussir. S’il faut bien sûr des compétences particulières pour maîtriser les codes et les outils du web, la priorité n’est pas toujours de se doter, dans l’urgence, de la « killer application » pour iPhone que tout bon annonceur doit exhiber dans ses diners en villes. Pour tous les publics, les préoccupations liées à la crise, au développement durable et à la mondialisation exigent des entreprises une réflexion sur leurs valeurs. Avec ou sans « e-», pour asseoir les fondements de sa réputation, l’entreprise doit répondre par le dialogue à la quête de sens du consommateur.

François Ramaget

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Lors du séminaire de communication numérique de la Rouen Business School, deux planneuses de l’agence Duke (Aurélie, ex-pub ; et Marie, ex-journaliste) nous ont présenté aujourd’hui 2 campagnes « digitales » à succès. J’en ai tiré des enseignements au-delà de ce que j’espérais.
Rapidement, un premier terme me fait « tilter » : « les maîtres mots de la communication digitale seraient donc interaction et relation »… Relation… Ce mot m’est familier.

Le premier exemple choisi est l’événement organisé par T-mobile à Chicago avec la complicité des Black Eyed Peas pour faire une surprise à Oprah Winfrey : l’événement chorégraphié a rassemblé plus de 20 000 personnes qui ont dansé ensemble devant les caméras des réseaux CBS et ABC, faisant vivre aux participants un moment exceptionnel.

Comme pour le flash mob « Hey Jude » à Trafalgar Square, les vidéos se sont échangées sur le net, les médias ont repris les images… un réel succès pour la marque ! Les planneuses de Duke illustrent ainsi le fait que dorénavant, on n’achète plus le média, on le mérite. Une remarque qui me paraît d’autant plus pertinente que c’est là le cœur-même de notre travail de relations publiques : organiser la communication d’une entreprise pour qu’elle mérite de l’espace éditorial dans les médias (off ou online).

« Best job in the world » est le second exemple d’une campagne qui a aussi généré une large couverture pour l’état du Queensland, sans impliquer d’achat média. Ici, on crée l’information que les gens ont envie de s’échanger… Vu de chez moi, ça ressemble encore terriblement à mon travail.

Tout ça est bien, mais ce qui nous est présenté comme une découverte ne devrait pas l’être pour tous ceux ayant une expérience dans une agence RP respectable… Créer de la relation, de l’interaction, mériter que l’on parle de nous, ne serait-ce pas le but des relations publiques ?

A mon sens, ceci illustre surtout une chose : la méconnaissance notoire des relations publiques par les autres corps de métier de la communication qui en sont resté au cliché de « mademoiselle l’attachée de presse envoyant son communiqué à tous ses amis des médias entre deux chocolats chez Angelina »… La faute à qui ? Sûrement nous, peut-être que notre métier aurait besoin d’une campagne d’image sur la réalité de ce que nous faisons ?

François regrettait la relative absence d’agences RP françaises à Cannes dans un billet précédent, mais doit-on tenir compte des Jourdain de la communication qui font des relations publiques sans le savoir ? Faut-il s’inquiéter de voir le cœur de ce métier revendiqué par d’autres agences ?

Aurélie (l’une des deux planneuses) me disait très justement « Peu importe que l’on appelle ça RP, digital, événement… ce qui compte c’est la force de l’idée, quelle que soit son origine ». Pas faux, bien qu’il soit plus facile de tenir ce discours quand on exerce un métier bien compris des annonceurs et des confrères.

Dans tous les cas, je serais ravi de poursuivre ici la conversation avec elles (si elles ont l’occasion de lire ce billet), et avec d’autres consultants RP qui se reconnaissent (ou pas) dans ce témoignage.

Fabien Pecot

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