? gootenberg.fr, le blog Communication Corporate et e-reputation
© Christine Lamour - Fotolia.com

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Tout le monde en parle. Tout le monde. Entreprises, politiques, professions libérales et même vous et moi : Le coup est parti. Cette fois, c’est sûr, l’e-reputation sera le buzz word de l’année 2010. On avait déjà subi la montée des blogs, la vague Facebook, l’irruption du dernier cri Twitter, et voici maintenant le nouveau concept qui les dépasse et les encapsule, pour nous poser abruptement la question: « Comment exister dans le magma des contenus générés par l’utilisateur ? ». Une préoccupation planétaire (au moins sur les deux rives de l’Atlantique Nord) qui génère plus de 7000 posts par jour si l’on doit en croire Google

Des chroniques de David Abiker – excellentes au demeurant – aux papiers vulgarisateurs du Figaro, des éditeurs de logiciels spécialisés à la centaine d’agences revendiquant ce nouvel eldorado, tout le landerneau médiatique bruisse à l’unisson de l’e-reputation, le nouveau mot magique, qui terrifie les uns autant qu’il enflamme la convoitise des autres…  Il y aurait donc quelque chose de nouveau sous le soleil de la comm’.  L’entreprise devrait désormais se méfier plus que tout d’une opinion publique en ligne, perçue comme une terrible gorgone protéiforme et tentaculaire. Il conviendrait de la surveiller. Voire la dompter avec l’aide d’une nouvelle race de communicants, rompus aux arts numériques. L’e-reputation serait une nouvelle strate de la réputation de l’entreprise, comme une nouvelle couche fragile de l’épiderme de l’institution nécessitant le recours à une médecine spécifique et hautement technologique…

Arrêtons-nous un instant pour considérer la question. Oui, l’internaute dispose aujourd’hui de 1001 canaux pour faire instantanément valoir son avis, ses goûts et ses expériences aux yeux du monde. Mais l’internaute n’est qu’un consommateur qui surfe sur le net. Et la réputation de l’entreprise sur le web, qu’il la constate ou bien qu’il contribue à la fabriquer, n’est que le prolongement de celle qu’il perçoit ou véhicule dans sa vie de tous les jours. Content, curieux ou insatisfait d’une marque, il en parle à ses amis et relations, qui l’écoutent – avec une attention inégale… Certes, le web élargit le cercle de ses « amis », décuple ses capacités d’information et son pouvoir d’influence. Mais il ne change pas les fondamentaux de la prescription.

Pour que l’e-reputation soit une vraie nouveauté, il faudrait que l’entreprise ait attendu le web 2.0 pour découvrir ses obligations de bien faire son métier. Pour que l’e-reputation ait besoin d’une nouvelle génération d’experts, il faudrait supposer que les nouveaux médias permettent de s’inventer une vraie « second life », de travestir la réalité, de transmuter les vessies en lanternes … Désolé pour les partisans d’un nouveau paradigme digital, le web est très puissant mais il n’est qu’un vecteur d’accélération et un prisme d’amplification. Il ne transforme pas le réel. Au plan de l’entreprise, Twitter ou pas, la réalité réside dans le savoir-faire, le sens du client, les tarifs, la politique RH, la responsabilité sociale. Et la réputation, en ligne comme ailleurs, se fonde sur la bonne communication de ces atouts.

La réputation est une entité unique et précieuse, pas un accessoire de confort qu’on puisse saucissonner.
Tout comme la santé d’un organe ne se dissocie pas de la santé générale de l’individu, la réputation ne peut pas se décomposer commodément en blocs distincts de réputation physique et digitale. Le brief doit être le même, tout comme les qualités requises pour réussir. S’il faut bien sûr des compétences particulières pour maîtriser les codes et les outils du web, la priorité n’est pas toujours de se doter, dans l’urgence, de la « killer application » pour iPhone que tout bon annonceur doit exhiber dans ses diners en villes. Pour tous les publics, les préoccupations liées à la crise, au développement durable et à la mondialisation exigent des entreprises une réflexion sur leurs valeurs. Avec ou sans « e-», pour asseoir les fondements de sa réputation, l’entreprise doit répondre par le dialogue à la quête de sens du consommateur.

François Ramaget

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Oui, en vérité, que manque-t-il à Free pour emporter cette fameuse 4ème licence de téléphonie mobile tant attendue ? On pourra, comme le fait intelligemment Libération, décortiquer le manque de réseaux de l’opérateur ;-)  dans les couloirs du pouvoir, énoncer les vrais faux arguments brandis contre sa candidature, mais aura-t-on pour autant l’explication ? … Vu de l’extérieur, il apparait une évidence : Iliad / Free n’est guère communicant. Oh, bien sûr, je ne parle pas ici des campagnes de publicité, brillantes au demeurant, orchestrées par les CLM BBDO et autres Saatchi, utilisées pour promouvoir la fameuse offre – scotchée à 29,90 € depuis la nuit des temps -, ni de la communication financière, qui ne s’adresse qu’aux spécialistes.

Je veux parler ici de communication corporate, d’une communication qui donne à voir l’entreprise et ses valeurs, ses hommes,  leurs intentions et leurs stratégies… Certes, on a pu entendre le 1er octobre, Maxime Lombardini, Directeur Général d’ILIAD sur les ondes de BFM radio. Et quoi d’autre ? Quid des principaux JTs et des grands magazines qui font l’opinion ?

L’entreprise, concentrée sur son business,  semble peu préoccupée de se faire connaître, sur le mode bien connu du « chacun son métier et les vaches seront bien gardées ». On peut le comprendre dans un contexte de « business as usual » (si ca existe encore …), mais la stratégie publicitaire suffit-elle à révéler la personnalité d’une entreprise, faire connaître ses talents et porter le succès de ses projets ? Les cas sont nombreux de ces grands acteurs, dans tous les secteurs, retoqués par excès de confiance en la qualité de leur dossier. Rappelez-vous simplement Paris dans la course aux JO de 2012 … S’il est vrai, par exemple que, « sur le milliard d’euros, licence comprise, qu’il veut investir dans le réseau mobile, une bonne moitié irait au déploiement physique des antennes. Des milliers d’emplois difficiles à délocaliser… », s’il est vrai qu’il est « le seul opérateur qui traite en interne tous les appels-clients » (dixit Libération), alors il pourrait être pertinent pour Free de le faire savoir haut et fort. Et, au-delà de sa politique tarifaire, de mettre ainsi de son côté l’opinion publique et les décideurs…

On peut comprendre que la communication corporate ne fasse pas partie des fonctions stratégiques du fournisseur d’accès Iliad, mais peut elle le rester pour le postulant qu’il est aujourd’hui ? A trop bien garder ses vaches, ne risque-t-on pas simplement de rester dans son pré ?  ;-)

François Ramaget

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Choeur antiqueIl y a dans le Technikart de ce mois (n° 135, Septembre 2009) un article de Valentine Faure sur les « Crisis Killers », l’occasion d’en apprendre plus sur la gestion des affaires fameuses (DSK, Kerviel, Gasquet… ). Plusieurs spécialistes de la crise sont mis en avant, tels que  Didier Heiderich ou Anne Méaux.».

L’article analyse pourquoi nous vivons dans un contexte porteur pour les crises. Et, parmi les raisons évoquées,  figure le web 2.0 … «  Le web 2.0 sert de formidable caisse de résonance et relaie sans aucune médiation une « opinion publique » sans visage ayant la capacité terrifiante de surveiller et punir ».

Une notion qui rappelle étrangement le chœur du théâtre antique qui « présente le contexte et résume les situations pour aider le public à suivre les évènements, fait des commentaires sur les thèmes principaux de la pièce et montre comment un public idéal est supposé réagir à la représentation. » (selon wikipédia 17/09/09). Ou bien ce personnage incarnant l’opinion publique , (re) découvert cet été dans « Orphée aux enfers » au festival d’Aix : Cette femme qui est partout, observe et prend en photo, et rappelle aux protagonistes leurs devoirs en les menaçant.

Le web 2.0 ne joue-t-il pas le rôle de ce personnage ? Si l’on remplace dans l’acte I d’Orphée, les mots d’époux / femmes par ceux d’entreprises, partis ou ONG, le théâtre antique n’avait-il pas déjà décrit ce pouvoir de la rumeur populaire, simplement décuplé aujourd’hui par certaines vidéos indiscrètes ?

Fabien Pecot et Francois Ramaget

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Gros temps sur le monde des affaires …
Fermetures d’usines et plans sociaux se succèdent au fil de l’actualité morose de ce début d’année. Au-delà des enjeux macro-économiques qui motivent ces restructurations douloureuses, force est de constater qu’un bon nombre de grands groupes se distinguent par les erreurs de communication de leurs dirigeants: Préoccupés de préserver à tout prix la rentabilité immédiate de leurs affaires – et maintenir au passage le niveau confortable leurs intérêts personnels -, on note que les patrons de Total, Valeo, Continental, 3M, Société Générale, etc … s’accordent à déchainer l’opprobre de l’opinion publique. Les fermetures préventives de site et la revendication du maintien d’avantages au sommet de la pyramide, en dépit du contexte, sont des conduites qui ne peuvent se justifier aujourdhui. Face à la montée du chômage et au désarroi d’une majorité de Français, les stratégies court-termistes ne peuvent que causer de lourds dommages à la réputation de ces entreprises.
Il est dès lors étonnant que les conseils en communication de ces grands groupes n’aient pu anticiper ces scandales publics, en préconisant des comportements compatibles avec les attentes de l’opinion : On imagine facilement le bénéfice d’image qu’une entreprise pourrait tirer d’un renoncement momentané à la fermeture de site, de l’abandon de privilèges choquants pour la majorité, de la prise en compte suspensive de l’intérêt général. Les consommateurs ne pourraient-ils alors avoir envie de privilégier les pneux, le carburant ou les guichets d’entreprises décrétant un moratoire sensé sur la maximisation du profit ? … Renault semble donner l’exemple.
Inversement, il n’est pas impensable de prévoir un retour de manivelle pour ces entreprises pratiquant encore en 2009 le management des années de croissance : Leurs décisions unanimement décriées ne provoqueront-elles donc aucune perte de confiance de leurs clients ? Les citoyens/consommateurs ne risquent-ils pas de changer de pompiste ou de banquier pour manifester leur désaccord envers ces marques ? Si la France n’a pas de réélle tradition du boycott citoyen, la période exceptionnelle ne pourrait-elle sensiblement modifier la donne ?
Nous n’avons pas la prétention d’avoir toutes les réponses à ces questions de fond. Mais, pour ce qui est de notre métier, nous sommes persuadés que le conseil en communication de crise et l’anticipation pertinente des réactions de l’opinion s’imposent désormais comme des composantes fondamentales de toute intervention de relations publiques.
François Ramaget
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