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© itestro - Fotolia.comOn avait déjà signalé la pertinence  analytique – voire psychanalytique – de l’outil Google « tendances des recherches » qui permet de comparer les volumes de recherche sur internet pour n’importe quel mot clé, dans n’importe quelle région du monde. Que peut-on en apprendre en cette période de bilan de fin d’année ?

Et bien, que cherchons-nous le plus souvent sur internet ? D’abord du social. A Paris, New York ou Barcelone, le web sert à garder le contact avec sa communauté : (presque) partout, en 2010, on a d’abord cherché à se connecter sur Facebook. Le réseau social numéro 1 a été le mot le plus recherché en France, mais aussi en Allemagne, en Espagne, en Italie, au Royaume Uni, aux Etats Unis, etc. Moralité : On n’utilise pas Facebook comme page d’accueil et il est plus rapide de le chercher sur Google que dans ses signets. Ironie du web, alors qu’une lutte sans merci s’est engagée entre les deux géants, Google s’affirme comme le meilleur allié du trafic sur son grand concurrent ;-) …lire la suite

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Déception du côté de l’audience (environ 13% de parts de marché) mais succès en buzz : le jeu de la mort de France 2 peut s’enorgueillir de 3 096 entrées dans Google Actu sur la semaine précédente, des articles dans la presse internationale (The Independent, La Repubblica, Corriere Della Sera, Le Temps…) plus de 780 tweets sur les dernières 24h (avec le #jeudelamort)… peu de chaînes françaises réussissent ça, peut être car peu d’entre elles innovent à ce point.

Quand le « racolage » rencontre le service public.

La chaîne a quand même réussi à programmer de la psychologie sociale en prime-time (peu de disciplines universitaires ont ce privilège), avec les commentaires d’un groupe de professeurs qui n’a a priori rien du tandem Nikos Aliagas-Victoria Silvstedt, mais sans s’interdire de nous montrer quelques images racoleuses (une japonaise que l’on met dans l’eau bouillante et qui a mal, une fille qui « se lâche » sur l’île de la tentation ou encore cet Anglais qui joue à la roulette russe en direct…). Il faut bien voir pour comprendre.

N’empêche qu’hier, devant mon PC en streaming, j’ai appris ou révisé de vraies notions de psychologie sociale (le concept d’autorité, les injonctions, les processus d’engagement…) expliquées par un excellent Jean-Léon Beauvois, qui a su rester accessible sans trop vulgariser.

J’ai aussi beaucoup aimé l’idée d’aller au bout de ce qu’il y a de plus intéressant dans la téléréalité : l’expérience socio. Je me suis même demandé si ce n’était pas ça la vraie téléréalité : des gens qui ne savent pas qu’ils participent à une expérience, des universitaires pour nous aider à décoder les réactions et de vraies conclusions.

Je regrette quand même un gros oubli dans l’émission d’hier : le public (car eux aussi ont été piégés). Je me suis couché avec de nombreuses questions quant à l’effet de l’autorité sur le groupe : quelles ont été leurs réactions ? Pourquoi n’ont-ils pas bougés ? Comment ont-ils gérés leurs dissonances ?

Alors pourquoi ce programme intello grand public, « racoleur » et instructif comme il faut, n’a pas été ce grand rendez-vous de télévision que l’on aurait pu imaginer ?

Il y a quelque chose d’ironique dans la réponse. Voilà un documentaire sur la prétendue autorité et influence de la télévision sur l’individu qui n’arrive même pas à rassembler plus de 3 millions de personnes. A l’heure ou la télévision perd chaque jour un peu plus son statut de média de masse (nous étions au moins trois à suivre le doc en streaming depuis mon ordinateur), quelle importance accorder à des interrogations aussi sévères quant à son pouvoir ? J’avais un peu l’impression que la télé parlait d’elle-même et pour elle-même, affichant son pouvoir et ses guerres internes (les méchantes chaînes commerciales prêtes à tout pour l’audience contre le gentil service public qui nous aide à décoder), en oubliant l’essentiel…

Car Internet est selon moi le grand absent de la soirée, évoqué trop rapidement pendant le débat, son influence et son autorité n’ont pas été évoquées. Sachant que plus on est proche de la victime, plus il est dur d’obéir à l’ordre (c’est d’ailleurs pour ça que même si le « questionneur » entendait les cris de la victime, il ne la voyait pas) il eut été intéressant de se poser la question : quid d’assener une décharge électrique via son clavier à un inconnu situé au bout du monde ?

Des questions à creuser…mais comme la télé est encore le premier média, on peut dire que France 2 a réussi son pari, et comme disaient les premières campagnes de pub pour France 5 : « éduquons !…n’est pas une insulte ! »

Fabien Pecot

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Il y a longtemps que je voulais parler d’un master dont je trouve l’approche particulièrement intéressante pour nos métiers : le master en Psychologie sociale de la communication et du marketing de l’Université de Provence (Aix-Marseille).

Unique, ce master se donne pour objectif de nourrir la formation en communication et marketing par l’étude des liens entre les représentations et images et les comportements et intentions.

« Diaboliquement efficace »

Qui peut mieux comprendre les motivations d’une cible de consommateurs que des psychologues spécialistes en relations groupales (puisque c’est le terme consacré) ? Et les relations publiques ne visent elles pas finalement à influencer des comportements ? Que ce soit l’acte d’achat, l’écriture d’un article, la réponse à une question…

Cette approche pose évidemment des questions déontologiques, ainsi qu’en témoigne l’enseignement donné par l’un des maîtres français des techniques d’engagement et de communication engageante : Robert-Vincent Joule, auteur de nombreux livres sur l’influence et la soumission dont certains sont de vrais best seller (Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens, La soumission librement consentie…).

Concrètement, ce master en deux ans recrute en M1 et en M2 (attention, seuls les étudiants détenteurs d’une licence et d’un M1 de psycho seront effectivement titulaire du statut de psychologue en plus du master). En plus des bases de la psychologie sociale, du marketing et de la communication, on y enseigne une approche de la communication via les représentations sociales.

Seuls en France…pour l’instant

Habilitée par le ministère à la rentrée 2008, la spécialité psychologie sociale de la communication et du marketing en est donc à sa deuxième promotion, recrutée par concours au mois de juin dernier.

Le Professeur Christian Guimelli, Directeur du Département de Psychologie Sociale et du Travail m’a expliqué par mail que « Ce master est le seul qui existe en France actuellement. En effet, on ne trouve pour l’instant aucun master de psychologie formant des psychologues spécialisés dans les trois domaines d’intervention constituant la clé de voûte de la formation (psychologie sociale appliquée aux images de marque, aux campagnes de communication et aux processus d’influence sociale) et qui constituent pourtant un pan conséquent de la recherche appliquée en psychologie sociale (cf. Journal of Consumer Psychology). »  En revanche, il précise que d’autres universités américaines et européennes dispensent ce type de formation (par exemple l’Université Libre de Bruxelles ou la London School of Economics).

On peut se demander si les autres universités françaises en Sciences Humaines, sommées d’être plus professionnalisantes ne vont pas suivre l’exemple aixois. Va-t-on alors assister à l’arrivée d’une nouvelle vague de jeunes théoriciens à l’assaut des directions du planning stratégique - déjà saturées par les stagiaires Sciences-Po et Celsa… ?

Effectivement, du côté de certains étudiants du master, on s’inquiète du manque d’enseignements pratiques et de l’hégémonie des représentations sociales dans cette approche.

Un début de réponse : la formation leur prévoit un stage obligatoire de 3 à 4 mois, d’ailleurs, pour déposer une offre ou avoir plus de détails : christian.guimelli@univ-provence.fr

Bonnes vacances,

Fabien

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