? gootenberg.fr, le blog Communication Corporate et e-reputation

Il y a les bonnes campagnes, avec la bonne idée et l’insight parfait… Il y a aussi des campagnes peu créatives mais que l’on aime bien parce qu’elles luttent pour une bonne cause. Et de temps en temps, on a la chance de croiser des campagnes qui cumulent tout : talent, sincérité, émotion … tout y est.

C’est le cas de l’opération « Regala memoria » (offre de la mémoire) de l’Afal, une association espagnole qui lutte contre Alzheimer. Je vous laisse découvrir la vidéo :

Résumé pour les non-hispanophones : Une comédienne aborde un inconnu dans la rue, en faisant semblant de le reconnaître « comment ça va depuis tout ce temps ? »etc… L’autre, qui ne la connaît pas, est surpris, ne comprends pas, est désolé… C’est là que la comédienne lui remet une carte qui dit « c’est exactement ce que ressent quelqu’un atteint d’Alzheimer, aide nous à combattre cette maladie ! »
Cette opération répond au défi d’expliquer la souffrance de la maladie à quelqu’un qui n’en est pas atteint. D’un coup, on prend conscience de la détresse de celui qui a non seulement oublié, mais se rend compte qu’il a oublié, et s’en veut !

On peut être sensible à une affiche culpabilisatrice ou à la mise en situation d’un drame de la route dans un spot TV, mais rien n’est plus fort que l’expérience personnelle. De grandes marques ont mobilisé les foules dans des flash-mobs géants qui ont montré à quel point il fallait donner de l’expérience à vivre aux consommateurs. C’est encore plus fort cette fois car il s’agit d’une association, avec peu de moyens, qui nous montre encore une fois qu’une bonne idée n’a pas besoin de beaucoup d’argent pour être efficace.

Fabien Pecot

, , ,

Nous avions déjà parlé de l’intérêt de la psychologie sociale en marketing, en voilà une illustration toute récente.

Une étude de Grenoble EM et l’Université Pierre Mendès-France (1) montre qu’en matière d’obésité, les adolescents sont moins sensibles aux messages sanitaires que sociaux. Les chercheurs ont exposé un groupe de 800 jeunes femmes et hommes à des messages mettant en avant les risques de l’obésité pour la santé, puis à des messages pointant du doigt les risques d’exclusion sociale. Les résultats montrent que ceux ayant été exposé aux arguments sociaux choisissent ensuite un goûter plus sain que les autres. Cette avancée tout à fait intéressante dans l’absolu pose une question préoccupante aux professionnels de la communication.

Après les campagnes « chocs » contre le tabac et les accidents de la route, va-t-on avoir droit à des publicités mettant en scène la solitude de l’adolescent obèse dans la cour de recréation ? La tristesse de la trentenaire que son copain quitte parce qu’elle est « trop grosse » ? Et la détresse d’un jeune homme en surpoids à qui l’on refuse l’entrée en boîte de nuit ?

Est-on prêt à accepter ça à l’heure du politiquement très correct (cf le dossier de La Croix sur « l’humour méchant » du 3 mars 2010) ?

« Non ! » tout court, ou « non, pas plus que l’on pensait pouvoir supporter les images trash sur les paquets de cigarette il y a 10 ans » ?

Ce serait mettre tabac, alcool et obésité dans le même panier. Et oublier que si pour tout le monde fumer ou boire est un choix, l’obésité, elle, n’est pas toujours la conséquence de grignotages et négligences mais bien souvent une maladie.

Finalement, c’est peut-être là que les chercheurs en psycho-socio peuvent avoir une importante valeur ajoutée : comment faire passer le message qu’une alimentation saine est aussi bénéfique à la vie sociale qu’à la santé, sans faire concurrence à Stéphane Guillon ?

Fabien Pecot

1 – Source : Werle, Carolina O. C., Boesen-Mariani Sabine, et Gavard-Perret Marie-Laure (2010), « Prévention du risque d’obésité chez les adolescents : Identification de facteurs d’efficacité des messages », Rapport Final, Fondation Wyeth pour la Santé de L’Enfant et de l’Adolescent
, , , , , , , ,

J’ai profité du pont de début de semaine pour aller à Barcelone, où j’ai été frappé par une affiche géante faisant la promotion de … Madrid, sa grande rivale !

La capitale catalane est, selon les classements, la 3e ou 4e ville la plus visitée en Europe avec plus de 5 millions de visiteurs annuels, derrière Londres, Paris et Rome, mais loin devant Madrid (3,4 millions) d’après le classement 2007 du Magazine du tourisme.

Et les deux villes sont concurrentes en tout : économie, tourisme d’affaires, accueil de manifestations internationales, football, basketball et autres sports, concours de la tour de bureau la plus haute etc…

La « Comunidad de Madrid » (équivalent de l’Ile de France) a déployé depuis longtemps différentes  campagnes très graphiques pour le tourisme et la promotion de leur territoire, mais cette initiative m’a vraiment frappé par son intelligence : moitié provoc (dans le bon sens du terme) moitié clin d’œil. Graphisme simple, message clair, elle ne prend tout son sens que grâce à son emplacement.Affiche Madrid Passeig de Gràcia

Déjà, elle est énorme (on la voit facilement depuis la coline de Montjüic – à environ 5 km de là), en plus, elle est à 200m de la Pedrera, une des œuvres majeures de Gaudi et passage obligé pour n’importe quel touriste de passage. Mais ce n’est pas tout, elle est située au croisement de l’avenue Diagonal (une des principales artères de la ville qui la traverse entièrement, comme son nom l’indique, en diagonale) et du Passeig de Gràcia (les Champs-Elysées barcelonais) : un endroit hautement stratégique en termes de passage et de symbole.

Et comme si ce n’était pas assez, le slogan (Mad about you – fou de toi) est traduit en catalan (Bojos  per tu !). Un très bon clin d’œil quand on connaît les querelles linguistiques qui enveniment (et animent) les relations entre les deux villes, et entre les deux partis au pouvoir dans ces deux régions d’Espagne.

Cette campagne me fait penser à une affiche de la SNCF,  près des plages du Prado à Marseille : elle aussi était immense et montrait une ville regroupant d’un côté le Vieux-Port et la Bonne Mère, et de l’autre la Tour Eiffel et Montmartre, avec un slogan du type « Paris-Marseille toujours plus proches » (si quelqu’un s’en souvient, je serai ravi de préciser).

Des campagnes malignes, à apprécier en attendant les pubs pour la Nouvelle Star sur TF1 – ou pour Easyjet dans Air France Magazine ;-)

Fabien Pecot

, , , , , , ,

Oui, elle est superbe cette pub pour l’internet par Orange, captant finement les nuances de nos émotions tout autant que celles de la langue française … Mais que dit-elle au juste ? Qu’il y a internet et internet, donc qu’internet c’est mieux chez eux et méfiez vous des contrefaçons. Bof …

Remplacez internet par consommation ou automobile, banque ou ce que vous voudrez, et le même spot pourrait aussi bien être signé par Carrefour, BMW, HSBC ( d’ailleurs, c’est déjà fait ;-) ou machin, non ?

Encore une de ces campagnes d’image qui délivrent une éblouissante absence de preuves, un brillant exercice de style qui réjouit certainement les créatifs et enorgueillit l’annonceur-mécène, mais on se permettra de douter qu’il génère un afflux de souscriptions.

On objectera que c’est de la comm’ corporate et pas une campagne de promo, il n’en demeure pas moins que le film ne « communique » que fort peu d’informations sur l’entreprise ou son produit: Sans réveiller le fantôme des campagnes Toscani pour Benetton,  on peut se demander si la communication d’une entreprise peut se dispenser de tout rapport avec le schmilblick …

Je vous incite à cet égard à jeter un oeil sur les commentaires laissés sur YouTube : Si nombreux sont ceux qui soulignent la beauté du film, on y trouve aussi quelques râleurs, décus par l’opérateur.  On n’y trouve surtout pas l’ombre d’un nouveau client qui aurait switché d’opérateur pour souscrire chez Orange, suite à la fameuse « claque » que lui aurait procuré le film. Sans doute n’était-ce pas le but ? Mais alors quelle est la valeur du buzz qu’il a provoqué ? Ceci est une autre histoire …

François Ramaget

, ,

Suite a la parution d’un pseudo-communiqué de Zeturf dans le quotidien Metro,  Bercy rappelle l’interdiction de la publicité pour les paris en ligne.

Au-delà des poursuites encourues par le site, on s’interrogera surtout sur l’opportunité d’une stratégie publicitaire pour les paris en ligne … Ainsi, les opérateurs de jeux imagineraient que la publicité puisse nous inciter à la découverte de leurs produits financiers à risque. Mais, comme pour toute offre innovante et complexe, la publicité, c’est çà dire la communication 1.0 – unilatérale et financée par l’annonceur -, n’a jamais constitué un instrument crédible. Étonnant que les responsables de ces sites ne s’en soient pas rendu compte… A moins qu’ils n’aient anticipé le retentissement médiatique de l’interdiction – et initié ainsi une astucieuse campagne de « guerilla PR » ;-)

Alors, les responsables de la communication de Zeturf sont-ils maladroits ou bien fins stratèges ? Je vous laisse le soin de vous faire votre opinion.

François Ramaget

, ,