? gootenberg.fr, le blog Communication Corporate et e-reputation

L’année dernière, un événement majeur a bousculé le monde de la promotion touristique : Tourisme Montréal, l’office de tourisme de la capitale du Québec, a investi  100% de son budget de communication sur internet.

10% du budget a été investit dans une campagne de « notoriété » et 70% dans de la production et achat de bannières, reste 20% investit dans le web 2.0 mais qui ont représenté 80% du travail selon Emmanuelle Legault, directrice communications et publicité de Tourisme Montréal, accompagnée par Anik Decoste, directrice des contenus de l’agence Sid Lee.

Le web 2.0 a été au cour du dispositif, l’organisme de promotion a décidé de mettre l’accent sur l’authenticité, le laisser-aller et le contenu à valeur ajoutée. C’est pourquoi ils ont passé une annonce d’emploi du type « cherche 5 blogueurs montréalais à forte personnalité pour bloguer sur leur Montréal » pour recruter 5 « insiders » comme elles les appellent. Après les avoir formés aux règles basiques du web, SEO, film et montage vidéo, relations publiques et réseaux sociaux, ils les ont laissés bloguer à leur guise sur la ville pour mettre en avant ce qu’ils aiment à Montréal. Le succès est si grand qu’ils ont décidé d’aller plus loin cette année et créant un seul blog plus complet, tenu par les cinq blogueurs du départ et alimenté par des pigistes très spécialisés ou très connus.

Cette initiative est très intéressante pour au moins trois raisons :

·         D’abord parce qu’un territoire s’empare de son image extérieure en jouant à fond le jeu du 2.0, un de leur slogan est « let it go » : c’est vraiment agréable d’entendre la directrice communication d’une institution touristique dire « il faut accepter de sortir des messages corporatifs ».  Même s’ils les ont sélectionnés et formés, ils ont donné la parole à cinq habitants avec un mot d’ordre « Soyez vous-mêmes !». Le parti pris était de contrôler la qualité mais pas le contenu en soi, ce qui a donné lieu à quelques débordements.

·         Ensuite parce qu’on voit qu’ils ont choisi cinq personnalités en accord avec la réputation souhaitée par Montréal : « une ville vivante, passionnée, effervescente et riche, tant culturellement que gastronomiquement » (source : communiqué d’annonce). Ils ont donc choisi une moddeuse girly, un homo intégré, un noctambule branché et intello, un connaisseur d’art ouvert sur les autres et une chroniqueuse gourmet capable d’apprécier un sandwich, le tout en prenant bien soin de représenter les différentes communautés ethniques de la ville. C’est bien la preuve que tout compte et qu’il faut aller au bout du concept.

·         20% du budget pour 80% du travail : faire du bon travail en web social ne prend pas nécessairement toujours plus d’argent mais surtout beaucoup de temps et de bonnes idées pertinentes. « Ca n’est pas un sprint, c’est un marathon » dit la « dir com » pour expliquer la différence avec sa campagne de bannières.

Finalement, devant tant d’éloges, que peut-on leur souhaiter pour la suite ?

Que l’initiative soit bien acceptée par les autres Montréalais. Il n’y a en effet aucune indication là-dessus alors que l’on ne parle que d’eux. On peut légitimement se demander ce qu’ils pensent de la représentation que l’on fait d’eux sur ce blog ?

Les francophones s’y retrouvent-ils alors que tout est en anglais car l’opération cible en priorité le continent Nord américain ? Au-delà de la question linguistique, les « clichés » véhiculés par les blogueurs correspondent-ils à la réalité de la population montréalaise ou seulement l’idéal de la ville vu par Tourisme-Montréal ?

Les réponses à ces questions sont une partie du succès de l’opération à long terme, car une fois les touristes sur place, c’est bien avec la réalité qu’ils vont « s’engager », plus avec le site internet.

Vous pouvez voir ici la présentation des résultats en novembre 2009

Anik Decoste et Emmanuelle Legault – Tourisme Montréal: Une stratégie 100% Web from Infopresse on Vimeo.

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© Christine Lamour - Fotolia.com

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Tout le monde en parle. Tout le monde. Entreprises, politiques, professions libérales et même vous et moi : Le coup est parti. Cette fois, c’est sûr, l’e-reputation sera le buzz word de l’année 2010. On avait déjà subi la montée des blogs, la vague Facebook, l’irruption du dernier cri Twitter, et voici maintenant le nouveau concept qui les dépasse et les encapsule, pour nous poser abruptement la question: « Comment exister dans le magma des contenus générés par l’utilisateur ? ». Une préoccupation planétaire (au moins sur les deux rives de l’Atlantique Nord) qui génère plus de 7000 posts par jour si l’on doit en croire Google

Des chroniques de David Abiker – excellentes au demeurant – aux papiers vulgarisateurs du Figaro, des éditeurs de logiciels spécialisés à la centaine d’agences revendiquant ce nouvel eldorado, tout le landerneau médiatique bruisse à l’unisson de l’e-reputation, le nouveau mot magique, qui terrifie les uns autant qu’il enflamme la convoitise des autres…  Il y aurait donc quelque chose de nouveau sous le soleil de la comm’.  L’entreprise devrait désormais se méfier plus que tout d’une opinion publique en ligne, perçue comme une terrible gorgone protéiforme et tentaculaire. Il conviendrait de la surveiller. Voire la dompter avec l’aide d’une nouvelle race de communicants, rompus aux arts numériques. L’e-reputation serait une nouvelle strate de la réputation de l’entreprise, comme une nouvelle couche fragile de l’épiderme de l’institution nécessitant le recours à une médecine spécifique et hautement technologique…

Arrêtons-nous un instant pour considérer la question. Oui, l’internaute dispose aujourd’hui de 1001 canaux pour faire instantanément valoir son avis, ses goûts et ses expériences aux yeux du monde. Mais l’internaute n’est qu’un consommateur qui surfe sur le net. Et la réputation de l’entreprise sur le web, qu’il la constate ou bien qu’il contribue à la fabriquer, n’est que le prolongement de celle qu’il perçoit ou véhicule dans sa vie de tous les jours. Content, curieux ou insatisfait d’une marque, il en parle à ses amis et relations, qui l’écoutent – avec une attention inégale… Certes, le web élargit le cercle de ses « amis », décuple ses capacités d’information et son pouvoir d’influence. Mais il ne change pas les fondamentaux de la prescription.

Pour que l’e-reputation soit une vraie nouveauté, il faudrait que l’entreprise ait attendu le web 2.0 pour découvrir ses obligations de bien faire son métier. Pour que l’e-reputation ait besoin d’une nouvelle génération d’experts, il faudrait supposer que les nouveaux médias permettent de s’inventer une vraie « second life », de travestir la réalité, de transmuter les vessies en lanternes … Désolé pour les partisans d’un nouveau paradigme digital, le web est très puissant mais il n’est qu’un vecteur d’accélération et un prisme d’amplification. Il ne transforme pas le réel. Au plan de l’entreprise, Twitter ou pas, la réalité réside dans le savoir-faire, le sens du client, les tarifs, la politique RH, la responsabilité sociale. Et la réputation, en ligne comme ailleurs, se fonde sur la bonne communication de ces atouts.

La réputation est une entité unique et précieuse, pas un accessoire de confort qu’on puisse saucissonner.
Tout comme la santé d’un organe ne se dissocie pas de la santé générale de l’individu, la réputation ne peut pas se décomposer commodément en blocs distincts de réputation physique et digitale. Le brief doit être le même, tout comme les qualités requises pour réussir. S’il faut bien sûr des compétences particulières pour maîtriser les codes et les outils du web, la priorité n’est pas toujours de se doter, dans l’urgence, de la « killer application » pour iPhone que tout bon annonceur doit exhiber dans ses diners en villes. Pour tous les publics, les préoccupations liées à la crise, au développement durable et à la mondialisation exigent des entreprises une réflexion sur leurs valeurs. Avec ou sans « e-», pour asseoir les fondements de sa réputation, l’entreprise doit répondre par le dialogue à la quête de sens du consommateur.

François Ramaget

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« Les créateurs de possibles », voilà des mois qu’on nous « tease » avec ce fameux site qui devrait enfin ouvrir sous 24h selon les  blogueurs sélectionnés pour rencontrer NKM hier soir. Une « prise de risques » saluée par certains, ce qui contraste largement avec l’émotion négative provoquée par le lip-dub du même parti politique avant les vacances.

Greg analyse largement le lancement du réseau social de l’UMP sur son blog, je partage son analyse sur plusieurs points, notamment la prise de risque qui consiste à ouvrir la porte à toutes les doléances possibles et surtout à rendre impossible l’option « on enterre ce dossier que l’on ne voudrait pas traiter». Avec un tel site, certains sujets vont devenir incontournables : comment réagira-t-on si d’ici quelques semaines la proposition la plus votée par les internautes est la suppression du bouclier fiscal ?

En commentaire du billet de Greg, Cyrille modère cette prise de risque et fait une très belle référence à l’agora athénienne. Selon lui, on ne peut pas comparer cette initiative avec ce que pourraient faire des marques car il rappelle que c’est le propre de la politique de faire émerger des idées et permettre le débat. Si plus récemment, les partis avaient concentré la force de proposition, on peut voir ça comme un naturel retour des choses que la technologie rend possible.

Baptiste ajoute sur son blog que dans 10 jours, l’Ump lance son nouveau site « corp »… le parti de la rue de la Boétie est décidément très web, avec plus ou moins de succès : n’oublions pas le flop du lip-dub J !

J’ai pour ma part deux interrogations.

La première concerne le paradoxe entre les objectifs et les moyens : je doute que des jeunes internautes de sensibilité socialiste, écologiste, communiste se rendent sur un site lancé par l’UMP. Il me semble que la société est encore très cloisonnée politiquement, ce qui risque de malheureusement fausser le débat. On peut regretter que l’UMP n’ait pas profité d’être au pouvoir pour lancer un site similaire mais initié par le gouvernement plutôt que par un seul parti. Finalement, le biais principal de ce site, c’est qu’il a deux objectifs qui ne sont pas nécessairement conciliables : faire émerger des propositions venant de tous bords politiques et servir un seul parti lors d’échéances électorales à venir…

La seconde a trait à l’esprit 2.0 : je me demande s’ils se rendent-ils compte de ce qu’ils font ? Tous les membres du parti partagent-ils l’esprit 2.0 ? Comment expliquer aux élus et aux militants qu’un site créé par leur parti peut les mettre en difficulté, peut servir de haut parleur pour les idées de l’opposition ? Il ne faudrait pas que sous la pression d’une frange plus conservatrice, on arrive à supprimer des idées « gênantes ». Je me demande si l’on ne trouve pas l’idée géniale avant de se trouver ennuyé par sa mise en pratique et si finalement les politiques français sont vraiment 2.0…

On risque de le savoir vite.

Fabien Pecot

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Choeur antiqueIl y a dans le Technikart de ce mois (n° 135, Septembre 2009) un article de Valentine Faure sur les « Crisis Killers », l’occasion d’en apprendre plus sur la gestion des affaires fameuses (DSK, Kerviel, Gasquet… ). Plusieurs spécialistes de la crise sont mis en avant, tels que  Didier Heiderich ou Anne Méaux.».

L’article analyse pourquoi nous vivons dans un contexte porteur pour les crises. Et, parmi les raisons évoquées,  figure le web 2.0 … «  Le web 2.0 sert de formidable caisse de résonance et relaie sans aucune médiation une « opinion publique » sans visage ayant la capacité terrifiante de surveiller et punir ».

Une notion qui rappelle étrangement le chœur du théâtre antique qui « présente le contexte et résume les situations pour aider le public à suivre les évènements, fait des commentaires sur les thèmes principaux de la pièce et montre comment un public idéal est supposé réagir à la représentation. » (selon wikipédia 17/09/09). Ou bien ce personnage incarnant l’opinion publique , (re) découvert cet été dans « Orphée aux enfers » au festival d’Aix : Cette femme qui est partout, observe et prend en photo, et rappelle aux protagonistes leurs devoirs en les menaçant.

Le web 2.0 ne joue-t-il pas le rôle de ce personnage ? Si l’on remplace dans l’acte I d’Orphée, les mots d’époux / femmes par ceux d’entreprises, partis ou ONG, le théâtre antique n’avait-il pas déjà décrit ce pouvoir de la rumeur populaire, simplement décuplé aujourd’hui par certaines vidéos indiscrètes ?

Fabien Pecot et Francois Ramaget

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Paru il ya quelques semaines aux US sous la plume de Brian Solis, l’un des bloguers les plus influents de la côte Ouest, et traduit en quelques soirées reverso/ wordreference, voici le « Guide Esssentiel des Medias Sociaux ». Ce livre blanc a l’intention des professionnels de la communication fait le point sur les pratiques d’approche des réseaux sociaux par les marques.
On en retiendra surtout la notion centrale de « conversation » des marques avec leurs audiences, jetant les bases d’un nouveau « marketing du dialogue ». Ainsi que la (longue) liste des outils et sites considérés comme déterminants à ce jour (juillet 2008) pour appréhender la diversité des opinions du public.
J’aurai l’occasion d’y revenir dans un prochain billet mais je souhaitais vous procurer un peu de saine lecture avant le départ pour les plages;-)

François Ramaget

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