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L’actu, c’est oublier

Quel bonheur ce matin en ouvrant mon livre du moment de tomber sur la phrase suivante :
« Je suis journaliste. Un Finlandais tout ce qu’il y a d’ordinaire : un individu mal éduqué, avec des ambitions limitées, une veste usée et un caractère sans relief. J’ai dépassé la trentaine. Je suis d’une colossale banalité et il arrive que cela me chagrine. »

Bien sûr il s’agit de la description d’un personnage de roman et l’auteur semble prendre un malin plaisir à abîmer un peu trop son héros. Les journalistes n’ont évidemment pas tous cette allure là, même si, je le reconnais, ce portrait m’a rappelé le souvenir de certains rédacteurs plus proches de Colombo que de 007 …

Ce moment de douce moquerie passé, revenons plutôt sur la suite du texte : « J’ai écrit d’innombrables articles pour différents journaux, mais aucun n’a jamais conservé le moindre intérêt après avoir perdu son actualité. Un écrit lié au temps est comme un sentier dans la neige : on ne s’en sert qu’en hiver ; le printemps l’emporte et en été il n’existe plus, on n’en a pas besoin alors on l’oublie. »

Le journaliste « paasilinien » n’est visiblement pas très optimiste, mais il fournit au moins une définition claire du mot « actualité » : Une info qui en chasse une autre …

Qui se souvient de la première médaille de la France aux JO 2008 ? (je précise). Il s’agissait d’une médaille de bronze au tir à l’arc, vite effacée le lendemain par celle d’or en lutte gréco-romaine, elle-même disparaissant dans le bassin olympique avec celle tout aussi brillante d’Alain Bernard. Et maintenant que les Jeux sont finis, on a les présidentielles américaines et les olympiades du Parti socialiste qui prennent le relais… Ouf, avec ça on devrait arriver jusqu’aux suppléments cadeaux de Noël de nos hebdomadaires nationaux.

Et oui une actualité passe très vite dans la case archive et l’actualité sombre presqu’instantanément dans le déjà vu ou le « plus à voir » … Alors pensons aux rédacteurs, journalistes et pigistes qui une fois leur article terminé doivent partir à la quête d’un autre Graal qui tombera la plupart du temps tout aussi vite dans un oubli cruel…

En tant qu’agence de relations publiques, c’est souvent à nous de leur donner envie de dépenser du temps et cette énergie indispensable pour bâtir un sujet qui, s’il passe, durera le temps d’une lecture ou d’une écoute audio visuelle presqu’attentive.

Mais, s’ils ne sont pas toujours réceptifs, pratiquons l’indulgence en comprenant le terrible destin de ces Sisyphe, héros malgré eux de l’éternel recommencement.

Haude Delic

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