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Paris en ligne : Sésame, ouvre-toi

Sésame, ouvre-toi

Après avoir tenté de retarder autant que possible la date fatidique, le Gouvernement français, contraint et forcé, a finalement cédé à Bruxelles. Eric Woerth l’a annoncé le 25 mars en Conseil des Ministres : le 1er janvier 2010, le marché français des jeux et des paris en ligne sera ouvert à la concurrence. Autrement dit, plus qu’un marché, c’est une caverne d’Ali Baba que la France s’apprête à légaliser, un trésor qui excite les appétits des acteurs historiques comme des challengers, et même de ceux que l’on aurait pu croire déjà repus…

Le cabinet de conseil Arthur D. Little estimait que le montant des mises sur le marché des jeux en ligne légaux en France s’élevait, début 2009, à 680 millions d’euros. Pour début 2015, il l’évalue à 3,4 milliards d’euros. La crise ? Dans le monde du jeu, on n’en pas entendu parler…

Il est vrai que les Français, fondus de grattage et de loteries en tout genre, et nouvellement accros au poker, risquent fort de se prendre au jeu des paris sportifs et autres amusements sur Internet. En février, le patron de la Française des Jeux se consolait des « mauvais » résultats du loto (les jeux de tirage et de grattage n’ont progressé que de 0,9% en 2008) en rappelant que sa société avait diverti 29 millions de joueurs, autant dire un vivier de parieurs en ligne potentiels. La Française des Jeux, comme le PMU, a bien senti le vent tourner et l’un comme l’autre se prépare depuis de longs mois à rattraper son retard sur Internet.

Ainsi l’ouverture du marché des jeux en ligne est-elle synonyme de croissance pour les opérateurs historiques, de soulagement pour les casinotiers et les opérateurs privés, de nouveauté pour les joueurs, mais aussi d’opportunité pour les clubs via le sponsoring ; et la promesse de ressources nouvelles pour les organisateurs d’événements sportifs (rémunérés au titre des droits de propriété intellectuelle lorsque des paris seront pris sur l’une de leur compétitions), mais c’est aussi un jackpot pour les publicitaires et les marketeurs.

Car, en termes de communication, l’expérience a montré que, passée l’effervescence liée à l’ouverture d’un nouveau marché, seule une poignée d’acteurs parmi les plus connus est en mesure de proposer une offre viable, compétitive et attractive. Et que la stratégie la plus agressive était souvent la plus payante – Pas besoin, pour vous en convaincre, de chantonner toutouyoutou …

Les groupes médias sont donc bien armés pour participer à la bataille. Beaucoup sont déjà sur les starting-blocks, je serais même tentée de soupçonner le groupe Amaury de faux départ alors que la page d’accueil du Parisien propose au visiteur de participer à un tournoi de poker en ligne, co-organisé par bwin… car faute de législation, la publicité pour les jeux d’argent en ligne demeure bel et bien interdite.

Mais avant la déferlante publicitaire qui marquera le début 2010, l’ouverture se prépare dès maintenant : Les offres se structurent, les dossiers de candidature à la licence française se consolident, les futurs joueurs s’apprivoisent, les campagnes de visibilité s’étudient et le buzz esquisse déjà les réputations… Réputation ? … Tiens, tiens, parmi les techniques légales à disposition des acteurs, quel est donc le Sésame qui pourrait entrouvrir la caverne ?

Adeline Deliau

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