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Internet rend-il stupide ?

C’était la question du jour sur le site de « Stratégies« . Le débat méritant qu’on y s’attarde, je vous livre ici ma contribution.

On trouve tout sur internet, cette Samaritaine numérique ou le trash côtoie les trésors : Vidéos « inappropriées », sites de dénigrement, de contrefaçon ou d’escroquerie, hoaxes, désinformation et forums indigents, … – mais aussi médias indépendants, sites de partage et plateformes 2.0 permettant le soutien de bonnes causes négligées, la reconnaissance des talents cachés, voire les mariages inespérés 😉
Alors ? Faut-il rejoindre l’analyse au lance flamme de Mr Andrew Keen, le « pundit » éclairé de la silicon valley qui prédit l’abâtardissement de la civilisation par surdose de laxisme digital ? ou l’angélisme de Google, l’entreprise la plus chère au monde ?
On pourrait s’en tirer a la va-vite en prétendant qu’Internet n’est qu’un média comme les autres, un simple mode de diffusion d’informations comme la lecture ou la télé : Tout le monde sait que la lecture en soi ne rend personne stupide, mais que la fréquentation assidue des mangas ou des féminins n’a pas de vertu particulière d’élévation de l’esprit … Oui, mais rares sont ceux qui signent des ouvrages ou éditent des magazines, alors que l’internet collaboratif et les médias sociaux autorisent chacun a publier ses textes, ses photos, ses films ou sa musique selon son inspiration. S’il est clair que cette démocratie de l’information favorise une prolifération sans précédent de n’importe quoi numérique, courrons nous pour autant le risque de tomber stupides ?
La ou Andrew Keen peut s’alarmer de ce communisme digital, je ferais plutôt confiance a deux loi bien connues de l’univers, celle de l’inégalité des compétences et celle du caractère ultime du bon sens commun : Mettez 2 individus devant un piano ou un synthétiseur, une feuille blanche ou un clavier de PC, la technologie n’y change rien, vous n’observerez pas deux résultats identiques. Soumettez ensuite ces productions au vote d’un public vous obtiendrez certainement une préférence. C’est ainsi, l’un est meilleur que l’autre et c’est le goût du public qui le sanctionne..
De la même manière, au côtés de succès incontestés, internet regorge de sites communautaires ou l’on n’a jamais vu un chat, de blogs sans trafic, de romans sans lecteurs ou de musiciens en quête de producteurs – et dont aucun ne convaincra jamais personne.
Y-a-t il vraiment danger a laisser chacun croire en ses chances de conquérir une audience ? Je ne le pense pas. Que la technologie donne accès à l’expression du plus grand nombre me semble au contraire représenter une ouverture pour la création et une opportunité pour les entrepreneurs 2.0. Pour l’individu comme pour l’entreprise, internet élargit le champ des possibles mais l’outil ne se substituera jamais au talent. Comme toujours, et j’en suis désolé, les plus doués, les plus opportunistes ou les plus travailleurs émergeront de cet océan de platitude. L’écrasante majorité des internautes postulant a la reconnaissance sur le web restera donc probablement au bord de la route. Internet ou pas. Mais, même s’il n’en émerge que 1 pour 1000, notre société sera plus riche en créateurs, parvenus à l’attention de leur audience par un simple accès à haut débit.

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