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Chœur antique et opinion publique

Choeur antiqueIl y a dans le Technikart de ce mois (n° 135, Septembre 2009) un article de Valentine Faure sur les « Crisis Killers », l’occasion d’en apprendre plus sur la gestion des affaires fameuses (DSK, Kerviel, Gasquet… ). Plusieurs spécialistes de la crise sont mis en avant, tels que  Didier Heiderich ou Anne Méaux.».

L’article analyse pourquoi nous vivons dans un contexte porteur pour les crises. Et, parmi les raisons évoquées,  figure le web 2.0 …  » Le web 2.0 sert de formidable caisse de résonance et relaie sans aucune médiation une « opinion publique » sans visage ayant la capacité terrifiante de surveiller et punir ».

Une notion qui rappelle étrangement le chœur du théâtre antique qui « présente le contexte et résume les situations pour aider le public à suivre les évènements, fait des commentaires sur les thèmes principaux de la pièce et montre comment un public idéal est supposé réagir à la représentation. » (selon wikipédia 17/09/09). Ou bien ce personnage incarnant l’opinion publique , (re) découvert cet été dans « Orphée aux enfers » au festival d’Aix : Cette femme qui est partout, observe et prend en photo, et rappelle aux protagonistes leurs devoirs en les menaçant.

Le web 2.0 ne joue-t-il pas le rôle de ce personnage ? Si l’on remplace dans l’acte I d’Orphée, les mots d’époux / femmes par ceux d’entreprises, partis ou ONG, le théâtre antique n’avait-il pas déjà décrit ce pouvoir de la rumeur populaire, simplement décuplé aujourd’hui par certaines vidéos indiscrètes ?

Fabien Pecot et Francois Ramaget

One Response to “Chœur antique et opinion publique

  • Clémentine
    10 ans ago

    « relayer sans médiation »… c’est un peu contradictoire ! le principe du relais n’est-il pas justement d’établir une transition, entre un lieu ou une personne de départ, et un lieu ou une personne d’arrivée ? D’après moi, le web 2.0 n’a rien de direct. C’est un intermédiaire, qui met en contact les individus, et leur ouvre un espace d’interactivité « neutre ».

    On pourrait rapprocher cette idée du concept d' »espace public » de J. Habermas. D’après lui, la vie « politique », ou « publique », s’exerce dans les « champs de liberté » partagés par tous : les lieux de circulation et d’expression physiques aussi bien qu’immatériels. Dans ce sens, le web 2.0 ne représenterait pas le choeur antique ni l’opinion publique, mais plutôt sa liberté d’expression. Le web n’a pas de but en soi. Ce sont les choreutes / internautes, derrière leurs masques / pseudos, qui le transforment en moyen d’influence.

    La question reste ouverte : qui incarne alors le personnage de l’Opinion publique, le petit « deus ex machina » de l’opéra d’Offenbach ? Ces fameux « bloggers influents », cette entité virtuelle qui peut surgir à tout moment, et qui fait figure d’autorité auprès des consommateurs ? Ou plutôt les « class-actions », ces regroupements de citoyens armés de réels pouvoirs juridiques, et représentatifs d’une opinion partagée ?

    Voir à ce sujet l’article « Class actions, associations, internet : quel pouvoir au consommateur ? », de la revue Consommations & Sociétés (mars 2009) http://www.argonautes.fr/.webloc

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