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Et si le corporate était moteur de la transformation sociale ?

Françoise Gri, Présidente de Manpower, vient de cosigner, avec 6 de ses collègues grands patrons, une tribune parue dans le Figaro, intitulée « Utilisons la crise pour repenser l’entreprise ». Un texte brillant qui exhorte  les chefs d’entreprise à tirer les leçons de la crise, « agir pour changer les choses, en repensant la mission-même de « création de valeur » dévolue à l’entreprise. Un vaste chantier qui passe par la redéfinition des indicateurs de performance de l’entreprise, le résultat et la rentabilité montrant aujourd’hui leurs limites …

Il s’agit là d’une intention des plus louables, mais je crains fort que les patrons ne puissent y parvenir qu’avec le soutien du public le plus large. Un public privilégiant les entreprises tournées vers les valeurs de progrès. Clients et consommateurs sont aussi salariés et citoyens : Ils peuvent entendre un discours tourné vers l’intérêt général, sans doute même en ont-ils envie. Ils peuvent comprendre les bénéfices d’une vision neuve pour leur emploi, leur pays, leurs enfants. Encore faut-il que ce discours soit perceptible, et que les entreprises se donnent donc les moyens de le faire entendre.

C’est pourquoi, au-delà de la réflexion de ses leaders, la communication de l’entreprise est appelée à jouer un rôle clé dans cette évolution, en se mettant au service du projet corporate. Si le discours publicitaire ambiant véhicule encore largement les valeurs du consumérisme, il est urgent de réorienter les campagnes marketing vers une communication citoyenne qui interpelle le plus grand nombre.
C’est aux chefs d’entreprise de donner le la et Françoise Gri a certes raison d’inviter les « acteurs économiques sensibles à cette approche à (la) rejoindre », mais la qualité de ses propositions pourrait être insuffisante à garantir le succès d’un projet qui risque fort de se heurter au retour des habitudes, et aux intérêts en place. Seule l’opinion publique aura le pouvoir de changer la donne.
Le (re-)« tissage du lien social» revendiqué par Françoise Gri ne pourra s’opérer que par une nouvelle coalition d’intérêts. Aussi, les patrons partageant ses convictions ne devraient-ils pas se préoccuper d’informer et d’impliquer le public le plus large? Et leurs  entreprises ne devraient-elles pas communiquer à l’unisson sur ces nouveaux enjeux ? Alors, cette nouvelle communication corporate pourrait bien être le moteur de la transformation sociale…

François Ramaget

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