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J’ai peut-être fait des RP, mais à l’insu de mon plein gré

Lors du séminaire de communication numérique de la Rouen Business School, deux planneuses de l’agence Duke (Aurélie, ex-pub ; et Marie, ex-journaliste) nous ont présenté aujourd’hui 2 campagnes « digitales » à succès. J’en ai tiré des enseignements au-delà de ce que j’espérais.
Rapidement, un premier terme me fait « tilter » : « les maîtres mots de la communication digitale seraient donc interaction et relation »… Relation… Ce mot m’est familier.

Le premier exemple choisi est l’événement organisé par T-mobile à Chicago avec la complicité des Black Eyed Peas pour faire une surprise à Oprah Winfrey : l’événement chorégraphié a rassemblé plus de 20 000 personnes qui ont dansé ensemble devant les caméras des réseaux CBS et ABC, faisant vivre aux participants un moment exceptionnel.

Comme pour le flash mob « Hey Jude » à Trafalgar Square, les vidéos se sont échangées sur le net, les médias ont repris les images… un réel succès pour la marque ! Les planneuses de Duke illustrent ainsi le fait que dorénavant, on n’achète plus le média, on le mérite. Une remarque qui me paraît d’autant plus pertinente que c’est là le cœur-même de notre travail de relations publiques : organiser la communication d’une entreprise pour qu’elle mérite de l’espace éditorial dans les médias (off ou online).

« Best job in the world » est le second exemple d’une campagne qui a aussi généré une large couverture pour l’état du Queensland, sans impliquer d’achat média. Ici, on crée l’information que les gens ont envie de s’échanger… Vu de chez moi, ça ressemble encore terriblement à mon travail.

Tout ça est bien, mais ce qui nous est présenté comme une découverte ne devrait pas l’être pour tous ceux ayant une expérience dans une agence RP respectable… Créer de la relation, de l’interaction, mériter que l’on parle de nous, ne serait-ce pas le but des relations publiques ?

A mon sens, ceci illustre surtout une chose : la méconnaissance notoire des relations publiques par les autres corps de métier de la communication qui en sont resté au cliché de « mademoiselle l’attachée de presse envoyant son communiqué à tous ses amis des médias entre deux chocolats chez Angelina »… La faute à qui ? Sûrement nous, peut-être que notre métier aurait besoin d’une campagne d’image sur la réalité de ce que nous faisons ?

François regrettait la relative absence d’agences RP françaises à Cannes dans un billet précédent, mais doit-on tenir compte des Jourdain de la communication qui font des relations publiques sans le savoir ? Faut-il s’inquiéter de voir le cœur de ce métier revendiqué par d’autres agences ?

Aurélie (l’une des deux planneuses) me disait très justement « Peu importe que l’on appelle ça RP, digital, événement… ce qui compte c’est la force de l’idée, quelle que soit son origine ». Pas faux, bien qu’il soit plus facile de tenir ce discours quand on exerce un métier bien compris des annonceurs et des confrères.

Dans tous les cas, je serais ravi de poursuivre ici la conversation avec elles (si elles ont l’occasion de lire ce billet), et avec d’autres consultants RP qui se reconnaissent (ou pas) dans ce témoignage.

Fabien Pecot

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