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Nexus One ou le vertige de l’information

Incroyable cette sortie du Nexus One de Google. Cela fait deux heures que je suis connecté sur Twitter Search avec le mot clé Nexus One. Résultat ? On atteint la centaine d’updates contenant le mot clé en moins de deux minutes ! En gros toutes les secondes, une personne twitte avec le terme Nexus One dans son statut.

Si l’on réfléchit bien, on peut pertinemment penser que cette sortie ne concerne pas le monde entier ! C’est vrai, certains critères doivent être réunis pour s’intéresser à la sortie du nouveau Google Phone:

1/ Vivre dans un pays concerné par les innovations technologiques. Je serais étonné d’apprendre que 80% de la population du Burundi suive la chose de très près.

2/ Vivre dans un pays où il fait jour ! Actuellement l’Asie Orientale vit tranquillement sa soirée et ne parlont pas de l’Asie Australe qui doit dormir à poings fermés. Alors à moins d’être fana de nouvelles technologies, ou un acteur de l’information business ou IT, le citoyen lambda de ces zones du globe n’est que peu concerné.

3/ Ensuite, s’il fait bon jour chez vous, et même si je suis d’accord, il ne faut pas sous-estimer l’implication de la population dans l’information, encore faut-il porter un intérêt quelconque à la téléphonie, aux nouvelles technologies, ou de manière plus globale, à l’économie mondiale, car, oui, nous parlons bien ici d’acteurs majeurs. On ne peut pas partir du constat que tout le monde attend l’officialisation de la news comme le premier pas de l’homme sur la lune, parce que ce n’est pas vrai. Une partie de la population (et je ne parle pas exclusivement de la France) n’a certainement aucun intérêt pour cette annonce.

4/ Ajoutez ces éléments aux faits que:

  • ceux qui travaillent n’ont pas forcément le temps de s’y pencher
  • le Nexus One a déjà été rooté
  • et le plus important de tous: j’ai écris cet article alors que Google n’avait même pas officialisé l’appareil !!

Deux conclusions:

  • Le nouveau téléphone de Google excite les foules
  • Mais la plus importante: les lois de l’information ont changé.

Elles ont tellement changé que j’en suis complètement halluciné. Chaque jour je m’émerveille de la vitesse à laquelle tout cela se diffuse. On aimerait pouvoir tout suivre, mais c’est devenu impossible… trop de sources, trop d’information, trop d’excitation. Les annonces ont vu leurs effets décuplés avec les années et l’apparition de puissants outils de transmission de l’information tels que Twitter. D’autant plus que ces nouveaux médias sont à disposition de la population, se transformant ainsi en véritable vecteurs d’actualité. L’information s’est faite greffer un V12 des masses sous son capot et grille maintenant tout sur son passage.

Elle va tellement vite que cela en fait froid dans le dos. Dans la catégorie des chiffres hallucinants, voici une petite vidéo très parlante:

Au final, nous avons fini par créer une société exponentielle qui nous dépasse de plus en plus. Il m’est par exemple impossible de suivre le défilement des commentaires faits sur Twitter à propos du Nexus One. L’être humain enregistre quotidiennement une quantité croissante d’information. C’est finalement peut-être ça l’évolution … Reste à savoir en quoi nous allons évoluer …

Toujours est-il que gérer une campagne de communication autour d’un produit de grande ampleur devient mission impossible. Les leaks sont de plus en plus fréquents car le scoop coûte de plus en plus cher en termes de notoriété dans une société où n’importe qui peut en devenir la source.

Cependant (oui car il faut toujours un cependant!), relativisons (oui car il faut toujours relativiser!) ! Gardons les pieds sur terre et pensons que finalement ces outils ne seraient rien sans les leviers qui les actionnent: nos petits pouces droitement armés tels une épée de Damoclès au-dessus des touches de nos smartphones ronronnants. L’élément déclencheur n’est pas l’outil, mais notre cerveau qui envoie l’information à l’outil via un geste simple. Alors on peut toujours penser que le jour où nous nous sentirons dépassés, nous pourrons dire stop!

Je rappelle peut-être des évidences, mais n’est-ce pas là un très bon moyen de relativiser finalement ? Sur ce je dis stop et m’enfuis vers la simplicité de ma nature humaine …

Sébastien Meunier

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