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2 buts encaissés = 2% pour TF1


Dommage collatéral de la catastrophe nationale vécue hier par 17 millions de téléspectateurs – et leurs 45 millions de voisins – l’action TF1 affiche ce jour un cours en baisse de 2%. Comme si 1 but encaissé par les bleus valait 1% de la valeur de la chaîne…  Performance médiocre sur le terrain, chute de l’audience, baisse des tarifs publicitaires, la spirale infernale est juste mécanique, qui conduit des errements du sélectionneur à la perte de recettes pour le fleuron de la télévision hertzienne. Mais TF1 n’est pas seule dans la tourmente : Les gros annonceurs sont nombreux à avoir la gueule de bois, notamment ceux qui avaient payé très cher le droit d’utiliser les « stars » de l’équipe … et de diffuser leurs spots à l’issue de la rencontre.

Soyons honnêtes, cette défaite fait aussi quelques heureux : Les Irlandais qui vont sans doute se faire rembourser 100 € sur leurs téléviseurs chez Currys au titre du doux slogan  « When the French Lose, the Irish wins ! » . Et, chez nous, ces vaillants assureurs qui avaient couverts le risque de remboursement des téléviseurs achetés chez Saturn et Carrefour en cas de victoire de tricolores et qui commencent de se frotter les mains …

Au-delà de l’analyse sportive, on peut s’interroger sur le business model de ces sports qui se nourrissent de la surenchère des droits télé. Une inflation budgétaire qui conduit ses acteurs à la perte du sens des réalités élémentaires, du type « coacher, c’est savoir choisir » ou bien « pas de football sans but marqué » …  Et questionner la pertinence de ces stratégies mass market où tous les équipementiers sportifs, fabricants de soda et banquiers de la terre entière essaient de coller, à grands coups de millions, leurs logos sur le maillot de footeux imprévisibles. A l’heure où la crise s’installe durablement dans le pays et où les associations  caritatives manquent de ressources, les grandes marques ne pourraient-elles pas parrainer d’autres projets qu’une note d’hôtel de 800 000 euros ? On nous rétorquera que le financement des associations est une initiative sans doute trop terre à terre, pas assez glamour pour faire rêver le consommateur… Mais d’affaire  Landis en affaire Zahia, n’est-il pas temps de revisiter certains postulats ?

François Ramaget

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