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Leçon de media training #2 : préparer ses réponses

Avant l’été, nous avions inauguré une thématique : les leçons de media training. Nous avions montré l’importance du message essentiel à travers une intervention de M. Cohn Bendit  sur BFM TV, ou comment appeler à un renouvellement du personnel politique en parlant football. C’était la leçon n°1.

Ce matin, c’est Frédéric Lefebvre et RTL qui sponsorisent cette deuxième leçon de media training : préparer ses réponses. Un de mes professeurs de relations publiques à l’ISCOM nous répétait à l’envie pour conclure ses interventions : « y a-t-il des questions pour les réponses que j’ai préparé ? », et bien c’est exactement ça.


Le contexte en deux mots : Jean-Michel Apathie veut interroger le porte-parole de l’UMP sur Eric Woerth, Frédéric Lefebvre élude la plupart de ses questions avant de contrattaquer :  « J’imagine qu’on ne va pas passer toute l’émission là-dessus. Qu’on va parler par exemple de cette affaire absolument choquante d’Uriage avec un braqueur qui se retrouve…» (Vous pouvez retrouver l’intégralité de la retranscription sur le site de la radio).

On peut se dire, quel intérêt ? Le journaliste finira bien par poser sa question ! D’abord, en lançant un nouveau sujet, il n’est pas à l’abri de piquer la curiosité de l’intervieweur qui le relancera dessus, (ce que ne fait pas Jean-Michel Apathie, solidement amarré à ses questions). Attention pour ceux que la technique séduirait, on ne lance un sujet de secours que lorsqu’on est blindé dessus, la relance du journaliste permettant de dérouler son dossier et gagner de précieuses secondes.

Car voilà, les meilleures interviews ont une fin, et lorsqu’on n’est pas à l’aise, il s’agit de jouer la montre. A ce sujet, il faut regarder la vidéo pour voir le sourire de M. Lefebvre lorsqu’il demande le temps qu’il reste et que l’animateur lui répond : « Il ne vous reste rien du tout ».  A ce moment, il sait qu’il a fini, qu’il a placé ses sujets, qu’il passe pour un mauvais client qui refuse de répondre autant que M. Apathie passe pour un acharné qui insiste avec ses questions (voir les commentaires sur la page de RTL à la suite de la retranscription).

Le journaliste n’aura eu la main sur son interview que pendant moins de 5 minutes, la suite aura été menée par l’invité, et Vincent Parisot de conclure : « Jean-Michel, vous êtes venu avec vos questions, et puis monsieur Lefebvre est, lui, venu avec ses réponses ».

Fabien Pecot

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