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Réputation des nations : l’Europe résiste à l’émergence du BRIC

sweden rocks

Le Reputation Institute, le cabinet leader en matière de réputation d’entreprises, vient de livrer les résultats de son enquête annuelle « CountryRep », portant sur la réputation des pays. La réputation n’est pas un attribut propre aux entreprises et aux individus, elle s’applique aussi aux pays qui sont tous soumis à la perception de leurs propres habitants, de leurs visiteurs et investisseurs[i]. Et la réputation d’un pays contribue à la réussite des entreprises locales, à l’investissement étranger et à l’attractivité touristique. La réputation, telle que la mesure l’Institut, résume ainsi le rayonnement économique et culturel des nations.

Les grands vainqueurs de cette enquête 2010[ii] sont la Suède (n°1), le Canada (2) et l’Australie (3). Mais le Canada et l’Australie sont les seuls pays non-européens d’un Top 10 où l’on retrouve Suisse, Norvège, Finlande, Danemark, Autriche, Pays-Bas et Belgique. Les pays européens bénéficient globalement d’une bonne image mondiale en raison de l’attrait de leur style de vie et de leur sens des responsabilités internationales (« responsible participant in the global community ») : ces deux critères sont jugés comme les plus importants par les quelque 26 000 personnes interrogées.

Plus loin dans le classement, Brésil (n°21), Russie (24), Inde (36), Chine (37), les pays  du BRIC ne bénéficient pas des faveurs des sondés, qui les classent très loin des sommets en termes de « sens des responsabilités internationales ».

Et la France ? Elle pointe au 18ème rang, coincée entre le Portugal et la Grèce, mentionnée uniquement pour le critère culturel (« an important contributor to global culture ») dans le Top 5 des nations reconnues. Pour leur part, les Etats Unis, pourtant considérées pour leurs marques et leur technologie, émargent à la 22ème place, probablement pour cause de crise financière et de politique étrangère.

Ainsi, au-delà du classement, le point majeur de cette étude me semble résider dans les critères perçus comme prioritaires par le public : pour juger d’un pays, les indicateurs purement économiques s’effacent au profit de notions qualitatives, telles que la qualité de vie, ou de notions éthiques, telles le sens des responsabilités internationales – une forme de Responsabilité Sociétale Nationale qui ne semble pas encore faire partie du débat hexagonal… Pour une analyse plus détaillée de cette enquête passionnante, je vous renvoie vers le site extrêmement documenté du Reputation Institute.

François Ramaget


[i]Pour le Reputation Institute, la réputation d’un pays se fonde sur trois catégories d’attributs : l’efficacité du gouvernement (capable d’offrir un environnement favorable aux affaires, de mener une politique économique et sociale progressiste et de positionner le pays comme un acteur responsable de la scène géopolitique), la performance économique (mesurable par la qualité des produits et services, les capacités d’innovation, la contribution à la culture mondiale) et la qualité de l’environnement (liée à la beauté des sites et la qualité de vie).

[ii] Etude conduite en Janvier Février 2010, portant sur 39 pays et menée auprès du public des pays du G8

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  • Suède : le G8 aime… « Google my state :

    […] CountryRep est une étude (justement indiqué par François Ramaget il y a quelque jour à propos de l’article « A quoi sert pour un pays d’avoir […]

    9 années ago

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