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Les « créateurs de possibles » ou le désert social ?

logoWebC’est fait. On annonce la fermeture des « créateurs de possibles », le réseau social lancé par l’UMP en avril 2010. Au bout de huit mois, force est de constater que le site prétendument social est loin d’avoir  rempli son objectif de fédérer les sympathisants à la cause du président…  Il se dit qu’un demi-million d’euros aurait été dépensé pour « conquérir » quelque 16 000 inscrits, dont une forte proportion de « jeunes Pop’ » – déjà – adhérents rameutés  pour faire nombre …

Au-delà des analyses pertinentes qui ont fleuri sur le web, notons que les « créateurs » se voulaient plateforme d’initiatives mais que le site se résume à un cahier de doléances, cumulant les requêtes plus ou moins farfelues d’internautes lambda, sans qu’on perçoive aucune animation permettant d’orienter les débats. Les « créateurs » manquaient cruellement de ces « e-représentants » régionaux promis en juin dernier et nous rappellent qu’il n’y a pas de réseau social sans « community management ».

On soulignera aussi qu’une règle d’or des réseaux sociaux consiste à savoir gratifier ses participants. … Sur le réseau des « créateurs », s’agit-il d’être reconnu pour la pertinence de ses idées ? Peu probable dès lors que la plupart des intervenants s’identifient sous des pseudos, signe d’une défiance fondamentale à l’affichage de ses opinions politiques. Il est vrai qu’« aimer » une barre chocolatée ne relève pas du même registre que de manifester son soutien à l’expulsion des délinquants étrangers … Alors, s’agirait-il de voir ses propositions transformées en projets de loi ? Il s’avère là encore que la politique ne se fait pas à coup de « like » vite cliqués mais procède de débats de fond peu compatibles avec les pratiques du web. Au final, on s’interroge – et s’interrogera – toujours sur les raisons de participer …

On remarquera enfin que la conception du site avait été « pensée » par le publicitaire Christophe Lambert, conseil en « spectacle de marque », une compétence qui paraît fort éloignée de la nécessaire expertise du dialogue en ligne … Redisons le en cette occasion, la publicité, ou l’école de la communication top-down, ne peut inspirer la bonne approche des réseaux sociaux., i.e. l’entretien d’une relation personnalisé avec chacun. Ainsi, l’agence de Christophe Lambert, « Blue advertainment », pourra-t-elle désormais opportunément décliner sa devise «  N’interrompez pas ce que les gens aiment » avec sa contraposée, « Interrompez ce que les gens n’aiment pas » …

François Ramaget

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