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Pay with a tweet, et après ?

iphone-twitter-dollar1Le service « Pay with a tweet » élargit la voie de « l’ère du Social Commerce » dont nous avions parlé ici il y a quelques temps, reprenant les théories de Jeremiah Owyang. Le principe est simple : payer son achat par un tweet vers son réseau. Cette semaine, par exemple, j’ai tweeté que j’utilisais un outil, ce qui m’a permis d’avoir accès à des services en plus.

De nombreux sites en ont déjà parlé, certains trouvant le système intéressant, en particulier pour les créateurs, à qui ça permettrait « de partager leur contenu gratuitement tout en bénéficiant d’un petit retour sur investissement et ainsi gagner en notoriété » (Commarketingweb)

D’autres émettant quelques réserves sur la qualité des tweets en question : « La mécanique, bien que très intéressante trouve rapidement ses limites; il s’agit en effet d’un buzz “pré-expérience” et non pas “post-expérience”, qui n’apporte aucune information sur la qualité du contenu proposé » (Blogoergosum)

Pour ma part, je trouve l’idée très intéressante mais pas encore aboutie pour une utilisation large en e-commerce. La monétisation sociale est inévitable, c’est un fait ! Du moment que l’on est capable d’évaluer l’influence de chacun, et de suivre son parcours sur le web, il est aisément concevable que la personnalisation des offres commerciales prennent en compte la taille et la qualité du réseau de chaque client.

Certains internautes sont très influents et deviennent des media à part entière. Dès lors, il est possible que l’entreprise les approche comme tels, et décide de leur concéder une réduction (allant jusqu’à la gratuité) en échange d’un peu de leur influence. C’est plus ou moins ce que propose pay with a tweet… Mais avec trois biais :

D’abord, parce qu’il loge tout le monde à la même enseigne alors que tous les réseaux ne se valent pas : un tweet de moi aura beaucoup moins de répercutions qu’un tweet de Fred Cavazza (et vous n’imaginez pas à quel point ça me chagrine J). C’est dur à admettre dans une culture aussi égalitariste que la notre, mais tous les internautes n’ayant pas la même influence, on ne peut leur faire la même proposition commerciale. Le système Pay with a tweet devrait permettre de se connecter via Twitter ou Facebook, procéder à une rapide analyse du réseau du client (quali/quanti comme le propose Klout, ou twittercounter par exemple), et ensuite faire une proposition : « pour vous, @fabienaspect, ce sera 1 tweet/post et 10€ ».

Ensuite parce qu’il ne répond pas à la question suivante : « in fine, qui paiera pour le produit/le service ? ». L’accord « Parle de moi, et tu seras récompensé(e) » (economiemagazine.fr) est rompu. Dans un schéma classique, qui est celui des relations publiques, la notoriété du media (journaliste/célébrité etc…) n’est utile que parce qu’elle va encourager une partie de la population à acheter avec de l’argent le même produit / service. Dans le système clos qu’est Twitter, ceux qui y ont accès paient avec un tweet, et ceux qui n’ont pas Twitter ne sont pas au courant du buzz de toutes manières.

Enfin, comme le soulignait l’équipe de Blogoergosum, il s’agit d’un buzz pré-expérience, froid, peu engageant car peu humain. Le tweet est pré-écrit tel un slogan publicitaire ; là où l’accord gratuité/visibilité est fondé, dans les relations publiques, sur la liberté de ton et la créativité du media que l’on sollicite. Quelle est la qualité du buzz que l’on veut créer, et surtout, quelle en est la finalité ? Un buzz ne peut pas se suffire à lui-même, finalement, on a pas encore vu d’artiste payer son loyer en RT ou en buzz…

Fabien Pecot

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