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Les journalistes doivent-ils devenir des hackers ?

IMG_0499Cocorico hier au salon re:publica à Berlin : Nicolas Kayser-Bril, d’Owni.fr, venait expliquer comment le data-journalisme apporte une réponse à deux problèmes fondamentaux du traitement de l’information aujourd’hui : le sens et la monétisation.

Il aborde la première question avec le concept de « l’infobésité ». Ça n’aura échappé à personne, trop d’informations à gérer pose la question de leur donner du sens (voir à ce sujet l’interview d’I.Ramonet sur l’explosion du journalisme, France2)
Comme le souligne Nicolas, un fil Twitter ne raconte pas grand-chose : Il prend ainsi l’exemple de #tunisie, voir défiler la masse des tweets n’apporte pas de vision globale. Et chez Wikileaks, l’information – brute – n’est qu’une base de données géante. Il faut donc l’intervention du journaliste pour « digérer » l’info brute afin de la rendre assimilable pour le grand public.

Mais aujourd’hui, face à ces nouveaux flux, les journalistes doivent comprendre le code, devenir des sortes de hackers/chef de projet, capables de réunir des compétences diverses de développeurs, graphistes, artistes… Afin de proposer une information visuellement facile à intégrer. Les données sont de plus en plus complexes à comprendre pour un novice en informatique, et un journaliste traditionnel risque de passer à côté de nombreuses sources comme les metadata. De plus, tout ne peut pas être restitué par écrit, les nouveaux media doivent être capables de restituer l’information sous forme de cartes interactives, d’iconographies parlantes. D’où l’intérêt de pouvoir encadrer le travail de professionnels de ces domaines.

Second point, le plus épineux : la monétisation. Pour Nicolas, la solution tient dans le concept de « liquid media ». Il s’agit de considérer le media comme un « data hub », disponible à la fois pour des « lecteurs/utilisateurs » (schéma classique pour un media), mais aussi pour des tiers ou des organisations: Il donne ainsi l’exemple des travaux d’Owni pour la « gazette des communes » sur le prix de l’immobilier ou pour « 60 millions de consommateurs » sur le prix de l’eau en France.

Le média devient ainsi un lieu de collecte des données brutes, mais aussi de vérification, d’analyse et de mise en forme, puis le support de leur diffusion vers tous les utilisateurs (moyennant rétribution, bien sûr).

Finalement, il adresse un message d’optimisme aux media. Selon Owni, les media font partie du « marché de la confiance » (The Trust Market) avec le lobbying, l’activisme, les relations publiques et la publicité. Ils ont un avenir en or car ils sont les seuls à pouvoir générer cette confiance. A condition de ne pas se laisser dépasser par les nouvelles technologies ! Et il ne s’agit pas de procéder à quelques ajustements au département icono, mais bien de modifier en profondeur l’organisation.

A suivre sur le blog Aspect. Comment je suis devenu attaché de hackers ?

Fabien Pecot

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