+33(1) 43 59 29 90 contact@gootenberg.fr

Re:publica, jour 1 – tous activistes ?

IMG_0494En direct de la conférence Re:publica à Berlin, envoyé spécial Aspect. Cette grand-messe allemande est captivante car pour une fois, il s’agit d’envisager le monde des media sociaux du point de vue des utilisateurs, du comportement, des usages, et pas des outils eux-mêmes. Berlin est d’ailleurs l’endroit idéal pour cet évènement et d’ailleurs, pour ce premier jour, on a beaucoup parlé d’activisme.

Les media-sociaux sont des outils formidables pour la défense d’une cause, Greenpeace l’a montré à plusieurs reprises, Wikileaks et les évènements au Moyen-Orient en donnent d’autres illustrations. Ces exemples sont souvent revenus hier, que ce soit pour parler de data-journalisme, d’anonymat ou encore de modération. L’entreprise était absente du discours, ou citée en tant qu’institution dont on attend une conduite responsable. Re:publica nous ramène à l’essentiel du web social : l’individu, ses pulsions, ses engagements, ses paradoxes. Et c’est l’intérêt de cette conférence essentielle pour les professionnels du web social, elle est centrée sur ceux qui mènent internet aujourd’hui : les utilisateurs !

Hier matin, par exemple, Gabriella Coleman a parlé de ces « Anonymes », ces hackers professionnels qui se regroupent pour mener des actions « punitives » en ligne contre une organisation. Au-delà de la fascination purement intellectuelle que peut exercer leur existence et des questions qu’ils posent, impossible pour le professionnel de ne pas s’intéresser à leur mode de fonctionnement. Il en va de même lorsque Nicolas Kayser-Bril d’Owni, annonce que « les journalistes doivent devenir des hackers », des chefs de projet, des développeurs, afin de pouvoir donner du sens à l’information et franchir la frontière qui sépare encore le journalisme de l’activisme. On est encore dans le même champ lorsque Jullian C. York interpelle l’assistance sur le caractère quasi dictatorial du fonctionnement des media sociaux, qui ne sont en tout cas pas assez engagés au côté des défenseurs de la liberté d’expression en Chine ou au Moyen-Orient.

Bien que les sujets abordés aient été différents (j’y reviendrai dans d’autres billets), l’activisme a été le maitre mot de ce premier jour, un activisme 2.0 qui exploite toutes les possibilités des outils sociaux. La démonstration, encore une fois, que le web social n’est pas une question de moyens mais bien d’engagement.

Fabien Pecot

100_4523

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *