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Gestion de crise : De la valeur du silence

Le fait divers tragique s’étale dans les quotidiens : un étudiant de la prestigieuse des Mines est mort le 24 septembre dernier, tombé dans des circonstances non élucidées du 7ème étage de la résidence de l’école. Nous n’émettrons ici aucune hypothèse sur les circonstances de ce drame, ni ne ferons le procès du bizutage, clairement interdit par une loi de juin 1998.

Mais nous souhaitons simplement examiner l’opportunité de la réponse officielle du directeur de l’école des Mines ParisTech à l’article du Monde révélant l’accident, une réponse publiée sur le site de l’école

S’il est toujours facile – dans la posture au combien confortable de l’observateur – de critiquer la tactique préconisée par nos confrères communicants,  force est de constater que la démarche offensive de l’école conduit à jeter de l’huile sur le feu : Le Figaro emboite le pas de Monde et rouvre ainsi la curiosité des publics. Etait-il judicieux de répliquer point par point à un article de presse – et sur le site même de l’établissement ? N’est-ce pas là le meilleur moyen de pérenniser la mémoire de l’accident  – et de s’y associer étroitement dans la logique des moteurs des recherches ? S’il avérait que Le Monde ait indûment accusé l’école, le droit de réponse et le recours juridique auraient semblé les issues les plus pertinentes. Mais si Le Monde n’a fait qu’amalgamer dans un « faux procès » un faisceau d’évènements sans lien avec la responsabilité de l’établissement, c’est certainement la voie de la contre-enquête menée par un média indépendant qui pourrait rétablir, à terme, la réputation entachée de la maison.

Voulant réagir vite et fort, les Mines ont opté pour la simple dénégation, unilatérale, fondée sur l’affirmation de la bonne foi. Est-ce vraiment la posture la plus convaincante ? Nous pouvons comprendre l’émotion des responsables de l’école, mais était-ce le moment d’enfler la polémique ? Nous penserons, pour notre part qu’il est des moments où le silence, nécessaire au travail de deuil autant qu’à celui de la justice, s’impose comme la seule stratégie possible de gestion de crise. Aussi frustrant soit-il pour les parties impliquées dans la tension de l’accident, le silence est souvent la première bonne réponse – par la décence même qu’il suppose. RIP Jocelyn.

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