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Google ou le retour de l’Anti-France

Alors que sa légendaire page d’accueil a été forcée d’afficher sa condamnation par la CNIL, Bercy négocierait avec Google un redressement fiscal de l’ordre du milliard d’euros. Le géant de Mountain View est ainsi dans le collimateur du gouvernement à la fois pour abus d’optimisation fiscale et pour usage indélicat de nos données personnelles … sans préjuger des ennuis prévisibles de sa filiale Uber – déclenchant cette fois la grogne des taxis et des VTC.

Oui, Google jette des pavés dans la mare et s’attire les foudres de l’administration. Pour asseoir son développement au pays des Lumières, l’entreprise devra sans doute tenir compte de nos  tropismes socio-économiques et améliorer la correction politique de son offre. Mais, au fond, Google se comporte-t-elle vraiment comme une entreprise voyou ? A moins que la vindicte de l’Etat ne soit aussi motivée par la simple jalousie ? …

A y regarder de plus près, on constate que, dans toutes ces affaires, Google fait bouger les lignes au profit du citoyen-consommateur, là où l’Etat, enlisé dans la crise, gère sa difficile relation avec le pays. Quand l’un ouvre l’accès gratuit à l’ensemble des savoirs – quitte à le monnayer en données marketing – et offre une palette de services plébiscités par une majorité d’internautes, l’autre se débat dans la contradiction fiscale pour maintenir le train de vie d’une société en panne de croissance. Quand l’un séduit par l’innovation permanente, l’autre mécontente l’opinion en s’accrochant à des règles du temps de la croissance, avant la mondialisation et le big data.

Certes, Google devrait payer ses impôts là où il  fait du profit.  Mais sa méthode envers l’opinion ne pourrait-elle pas inspirer nos gouvernants ? Quand l’Etat légifère et oblige, investi d’un super pouvoir structurel, l’entreprise propose et conquiert, dans une dynamique de services librement consommés. N’est-ce pas ainsi qu’on aimerait être gouverné ?

Certains analystes prédisent l’avènement d’un Google tentaculaire, qui, de simple moteur de recherche et régie publicitaire, muterait en spécialiste de l’intelligence artificielle. L’entreprise « pourrait (alors) devenir plus puissante que les États ». Avant d’en venir à ce scénario de science-fiction, l’administration pourrait s’interroger sur les clés de ce succès, vision disruptive, maîtrise de la technologie et sens du service. Ce sont là des qualités potentiellement fort utiles à la nation. Non, Google n’est pas anti-français. Elle doit certes respecter nos lois, mais reconnaissons – aussi et surtout – que l’entreprise contribue à la création de valeur dans la société de l’information – et la France en fait partie.

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