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Panama Papers ou l’indispensable puissance du journalisme

Fotomontage Euro, britische Pfund und Daten

Fotomontage Euro, britische Pfund und Daten

Alors que se succèdent les analyses du scandale provoqué par les Panama Papers, il est un fait central qui mérite d’être rappelé : L’affaire a été divulguée par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), une structure indépendante des pouvoirs étatiques, politiques et judiciaires, réunissant près de 200 journalistes de 65 pays.

Non, ce ne sont pas les juges ni les services de renseignement officiels qui ont débusqué l’affaire, mais des JOURNALISTES, des professionnels des médias qui ont magnifiquement assumé leur vocation à informer le public. Force est de constater la puissance salutaire de cette corporation, à l’heure où l’ensemble des médias mondiaux traverse une crise économique sans précédent…

Ainsi que le justifie le site du Consortium, « Le besoin d’une telle organisation n’a jamais été plus pressant. La mondialisation et le développement exercent une forte pression sur les sociétés humaines, avec des menaces sans précédent émanant des industries polluantes, des réseaux de crime transnationaux, des états voyous, et de l’action de personnalités puissantes dans le monde des affaires et de la politique.

Les médias d’information, étranglés par la capacité d’attention limitée et le manque de ressources, ne sont plus un danger pour ceux qui portent tort à l’intérêt général. Les réseaux de télévision et les grands quotidiens ont fermés leurs bureaux à l’étranger, coupé les budgets de voyages et se sont séparé de leurs équipes d’investigation. Nous sommes en train de perdre nos yeux et nos oreilles à l’instant où nous en avons le plus besoin. »

Si cette déclaration décrit bien les cas extrêmes où le journalisme joue un rôle essentiel pour le fonctionnement de la démocratie, on peut remarquer qu’un même raisonnement pourrait s’appliquer à la situation de l’information dans notre pays : La récession des médias – la mainmise des groupes industriels, les coupes budgétaires et les réductions d’effectifs – les prive des ressources nécessaires à la fabrication et la diffusion d’une information d’une qualité. Et cette récession risque de nous priver de l’information vérifiée, produite par des professionnels, essentielle à la bonne compréhension de notre société.

Imaginez une seconde à quoi ressemblerait une société sans journalistes, où l’information circulerait exclusivement par le bouche à oreilles et le buzz des réseaux sociaux. Où les rumeurs de rue, la publicité, les images détournées sur le web et les vidéos anonymes postées sur YouTube seraient la base de l’opinion : Ce serait là une société acculturée, privée de repères, opérant ses choix – politiques, économiques ou sociétaux – sur des bases bien fragiles. Il se pourrait d’ailleurs que ce soit déjà le cas pour ces adolescents séduits par les sirènes de l’extrémisme…

Les Panama Papers nous le redisent clairement : l’information est un bien public qui doit éclairer le choix de citoyens responsables.  Le métier du journalisme est fondamental pour la bonne marche de nos sociétés. Et nous espérons que les groupes aux manettes de nos médias perçoivent cette évidence, par-delà les lignes de leurs business plans.

 

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